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Effets ordinaires de la Confirmation,

Les effets ordinaires produits par le sacrement de la Confirmation peuvent se ramener à deux principaux : la grâce et le caractère. L'un et l'autre sont exprimés par une partie de la formule de l'onction chrismale. Signo te signo crucis ; je vous marque du sceau de la croix. C'est le signe sensible appliqué au front pour signifier le caractère spirituel, surnaturel, indélébile, gravé dans l'âme. Ce caractère

i. En énumérant les appellations données à la Confirmation par la tradition catholique (sect. n, chap. ir, § n, a. ) nous avons ramené à trois principaux les effets de la Confirmation : elle rend parfait chrétien, elle confère la plénitude de la grâce, elle arme pour la lutte spirituelle. Le premier effet regarde davantage le caractère sacramentel, le second s'obtient par l'augmentation de la grâce sanctifiante et le troisième plus directement par les dons du Saint-Esprit.

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vient immédiatement se greffer sur celui du Baptême. Ce dernier en est le point d'appui indispensable. Le caractère de la Confirmation n'a pas de prise sur une âme non baptisée. En quelque sorte moyen entre ceux du Baptême et de l'Ordre, il assimile davantage au Christ, perfectionne, façonne cette ressemblance initiale que le sacrement régénérateur a donnée à l'âme (x). Ce point est si important que nous croyons devoir lui consacrer un long chapitre spécial.

Mais ce n'est pas là toute la Confirmation, bien que c'en soit la base essentielle, puisque la Confirmation ne peut être valide sans produire le caractère. Cette perfection plus grande de Yimage du Christ entraîne avec elle uneirradiation plus lumineuse, plus abondante de la grâce du Christ, ou, pour mieux dire, de Youction du Christ, qui est la plénitude absolue de la grâce du Saint-Esprit. C'est pourquoi la formule ajoute : Confirme) te ckrismate salutis ; Je vous confirme de l'onction du salut. C'est-à-dire : je vous achève de cette onction de grâce qui vous met à même de faire votre salut, en vous rendant parfaits chrétiens. Les sept dons du Saint-Esprit sont le fruit spécial et direct de la grâce de la Confirmation (2).

i. Aussi saint Cyrille de Jérusalem va-t-il jusqu'à dire que c'est la Confirmation qui nous donne le plein droit de porterie nom de chrétiens, droit auquel le Baptême ne faisait que nous disposer. Catech., ni, P. G., t. 33, p. 1087, sqq.

2, De là le saint Chrême de la Confirmation est dit conférer les dons du Saint-Esprit. Cf. ce passage expressif de Rupert. « Ad ejus unctionem (Chrismjftis) principalis tribuitur Spiritus (Ps. , L, 14), id est septiformis Paraclitus. » De div. op., 1. v, c. 18, P. L. , 170, p. 141.

EFFETS DE LA CONFIRMATION. l8l

Dans le Baptême l'âme les reçoit, sans doute, mais la grâce première sanctifiante est la grâce directement baptismale, les autres l'accompagnent par concomitance naturelle et, en quelque sorte, à l'état latent. Dans la Confirmation, au contraire, la grâce sanctifiante est supposée, mais les dons du Saint-Esprit sont directement conférés en plus grande abondance, dégagés, épanouis. Ils se déploient comme un vêtement pour former cette armure spirituelle qui rend le soldat du Christ invulnérable et que saint Paul décrit en termes si éloquents (*). Aussi voyonsnous la Sainte Eglise, dans l'office de la Pentecôte, insister sur l'effusion des dons du Saint-Esprit : les trois hymnes des Vêpres, des Matines et des Laudes •en font mention expresse, non moins que la belle séquence Veni Sancte Spiritus (2). Dans l'hymne des Laudes la liturgie rapproche en outre des sept dons le nombre mystique des cinquante jours écoulés depuis Pâques (3), pensée dont s'était déjà inspiré saint Augustin dans le beau passage où il confronte les dons et les béatitudes (4); enfin l'octave même de la Pentecôte est vouée à la célébration des sept dons du Saint-Esprit Nous ne nous arrêtons pas davantage ici sur ce don septiforme parce qu'il fera l'objet d'un chapitre spécial.

i. Eph., VI, 17, 1. Thés, v, 8.

2. Tu septiformis munere f Veni Creator) ; Quo mystico septemplici (Jam Christus) ; Largire dona Spiritus ( Beata nobisj ; Sacrum septenarium (Veni sancte J.

3. Strophes : Solemnis urgebat dies ; Patrata sunt haec mystice.

4. Serm. Dont, in monte, 1, I, c. 4, n, 12, P, L., 34, p. 1235. Cf. notre chap. consacré aux dons du Saint-Esprit.

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Puis donc que tels sont les effets de la Confirmation, qu'elle imprime le caractère de parfait chrétien, confère la plénitude de la grâce et les dons du Saint-Esprit, il s'ensuit naturellement que ce grand sacrement est le complément naturel de la vie chrétienne. De là plusieurs conciles ont interdit de donner le voile de la religion ou la tonsure avant la Confirmation (J). Aussi y a-t-il obligation grave pour le chrétien de recevoir ce sacrement lorsqu'il est en âge et que l'occasion s'offre à lui de le recevoir. Une indifférence formelle et prolongée à cet égard ne saurait être exempte de péché mortel (2).

Pour montrer toute l'importance de ce grand sacrement, nous aurions à transcrire ici toute l'admirable catéchèse de saint Cyrille de Jérusalem (3), non moins que l'éloquente homélie de saint Eucher de Lyon (4) sur les fruits de la Confirmation. Nous nous contentons de les signaler ici, préférant réserver le premier de ces documents pour l'appendice, à titre d'exhortation à la persévérance.

§ II. Effets extraordinaires de la Confirmation.

Quant aux effets extraordinaires de la Confirmation, ils comprennent tous les dons merveilleux qui

i. Conc. de Cambrai, 1536, tit. XX, n. 21. (Hard. ,ix, 2176) ; III Conc. de Milan, de 1573, n. XX, (Hard., x, 798.)

2. Bulle de Martin V contre les erreurs de Wiclef. (Hard. , VIII, 915) ; II Conc. d'Aix-la-Chapelle (835), de vit. et doctr. inf. ord. (Hard., IV. 1396) Conc. d'Exeter (1287), tit. I, (Hard., vn, 1074).

3, Cat, myst., 3, P. G., 33, 1087. sqq.

4 Eusebius gallicanus, Homel, Pentcc, Bibl. Ludg., VI, 649,

avaient coutume d'accompagner l'imposition des mains des Apôtres, dans les premiers temps de l'Église. Les Actes en parlent en maints endroits. Dès le jour de la Pentecôte, la communication des dons miraculeux justifia dans la bouche de saint Pierre l'application de la prophétie de Joël : « Dans ces derniers temps, dit le Seigneur, je répandrai mon esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards auront des songes... je ferai paraître des prodiges dans le ciel et des signes extraordinaires sur la terre (*). »

L'histoire et les écrits de saint Paul abondent en faits et en expressions qui supposent ou dépeignent cette multiplication des dons surnaturels. L'effusion des dons miraculeux était si abondante, surtout les révélations prophétiques, les interprétations et les dons de langues, que l'Apôtre sent le besoin d'en faire l'objet spécial de ses instructions et de ses ordonnances, en particulier dans l'église de Corinthe, où surtout le don des langues donnait lieu à des abus (2).

Ces grâces surnaturelles ne s'évanouirent pas entièrement avec l'âge apostolique. Saint Ignace d'Antioche, qui fut martyrisé huit ans après la mort de saint Jean et quarante après celle des princes des Apôtres, rend témoignage lui-même qu'il est inspiré de Dieu. Saint Ouadrat, après lui, avait le don de

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