‹ La Congestion GynécologiqueChapitre 9 sur 29 · DEFINITION · texte numérisé non relu

DEFINITION

Pour nous: La congestion gynécologique est une dysfonction du système sympathique 2t para-sympathique abdomino pelvien, caractérisée par la présence simultanée d’une vaso-dilatation veineuse et probablement aussi lymphatique (stase) et d'une vaso-constriction artérielle (spasme).

ETIOLOGIE

Avant d’exposer en détails les multiples causes qui déterminent l’apparition des phénomènes de congestion gynécologique, il importe de se pénétrer de cette idée: Le substratum de cette affection existe presque toujours chez les femmes malades, ce sont presque toujours des intoxiquées d’origine héréditaire, ou d’origine récente (rhumatisme, typhoïde, maladies infectieuses.) nous entendons laisser au mot intoxiqué sa signification la

rome

plus large). Ce sont des individus à tempérament neuroarthritique dans le sens que Bouchard avait donné jadis à cette expression.

Ceci dit, toutes les causes que nous allons énumérer seront plutôt des causes déclanchantes.

I. Infection. — Infection du tractus génital (fait curieux à remarquer: ce ne sont le plus souvent pas les infections massives qui donnent les phénomènes congestifs les plus prononcés ce sont plutôt les petites infections et: légères métrites cervicales.

II. Lésions ovariennes et anatomiques. — Kystes de l’ovaire, ovaire scléro-kystique, dysovarie.

III. Causes non anatomiques, non infectieuses. — En premier lieu il faut placer la fatigue sous toutes ses formes: Travail physique exagéré, travail intellectuel exagéré, choc moral. |

a) Travail physique exagéré: :

Station debout prolongée ; :

Marche prolongée;

Travaux de ménage et surtout lavage et repassage;

Travail à côté d’une machine qui vibre;

Frottage des parquets, machine à coudre ;

Equitation, longues courses en automobile ;

Voyages pénibles ;

Danse (si l’on exagère).

Nous éliminons et cela volontairement, la bicyclette. Beaucoup d’auteurs ont voulu attribuer à la bicyclette une action congestionnante. Au contraire, son action est essentiellement décongestionnante à la condition d’être pratiquée avec modération;

Sa

b) Travail intellectuel exagéré:

Les cas sont plus rares; pourtant, nous avons rencontré des congestions parmi des femmes qui ont du surmenage intellectuel, étudiantes, musiciennes..;

c) Chocs moraux:

Les chocs moraux de toutes sortes : deuils, pertes d’argent, soucis sévères, chagrins intimes brutaux..;

d) Causes diverses:

Une question très discutée est celle des excès génitaux. Voilà notre opinion: Les seuls excès génitaux congestionnants sont ceux qui sont caractérisés par de longues séries d’excitations anormales n’aboutissant pas à l’organisme physiologique.

Dans le même ordre d'idée, nous citerons l’absence brutale de rapports sexuels (congestion des veuves).

L'action des agents extérieurs, chard et froid, est

discutable surtout au sujet du chaud.

Le froid aux pieds, les pieds mouillés déclanchent souvent des poussées congestives.

-Le climat et l’altitude ont aussi une action: haute altitude : très congestive, climat marin aussi mais d'une façon transitoire.

Les excès d’alimentation, l2s aliments et boissons dits excitants, les troubles digestifs, la conatipation, sont congestionnants.

La pratique des sports n’a pas d’action nocive si le sujet ne dépasse pas le seuil de la fatigne, Tout est là une question d'entrainement,

PATHOGENIE

Comment agissent les différentes causes énumérées dans le chapitre précédent ?

Voilà une question très discutée. Il est entendu que les troubles sont dûs à une dysfonct'on du système vasomoteur.

Mais quelle en est l’origine?

L'opinion qui domine actuellement, c’est qu’elle est liée à des troubles de sécrétion des glandes endocrines probablement troubles ovariens et surtout à uné hyposécrétion ovarienne. Cette opinion se trouve souvent confirmée par la clinique.

Quoiqu'il en soit, ne voulant pas faire dans le courant de ce travail une étude anatomo-physio-pathologique, nous ne donnerons pas d’autres théories ou hypothèses. Nous éviterons aussi de donner notre opinion à ce sujet.

SYMPTOMATOLOGIE

En général la congestion gynécologiaue, n’apparaît qu’à l’âge adulte, de la vingtième à la quarantième année, c’est-à-dire pendant :a période de la plus grande activité génitale et même elle est très fréquente chez les aménorrhéiques transitoires.

SYMPTOMATOLOGIE SUBJECTIVE

L’appétit est modifié, la digestion semble se faire plus difficilement, l’aérophagie n’est pas rare, la constipation habituelle chez la plupart des femmes est augmentée, | |

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Peu à peu s'établit une certaine gêne dans la région lombo-sacrée faisant place bientôt à une véritable douleur. Souvent apparaît un état migraineux accompagné ou non de nausées; ces dernières ont quelquefois un caractère un peu spécial rappelant les nausées du début de la grossesse.

Un état psychique s’installe et va en augmentant au fur et à mesure; c’est une tendance à la tristesse; la malade pleure facilement et sans motifs sérieux, l’entourage se rend compte parfaitement du trouble qui bouleverse son état de santé habituel. Une expression très souvent employée dépeint parfaitement cet état d’esprit: la malade voit la vie en noir.

Le ventre s’alourdit et angmente de volume. Les femmes éprouvent le besoin d'élargir leurs vêtements. Au même moment apparaît chez quelques sujets des besoins fréquents de défécation mais avec des selles non diarrhéiques, parfois mème de la pollakiurie avec une légère uréthralgie.

L’abdomen paraît lourd, la malade a l’impression d'un corps étranger pesant dans le pelvis, avec des douleurs tenant à la fois des tranchées utérines et de l’irradiation névralgique de l’avortement ou de l’accouchement. Cette situation se complique presque toujours de véritables « besoins de pousser » que décrivent très bien les femmes qui ont déià accouché; les nullipares signalent plutôt (un déchirement », une sensation de disjonction de la symphise pubienne. Une: leucorrée glaireuse, souvent sanguinolente, voire même du sang pur, accompagne ces bhénomènes.

L’insomnie est assez prononcée et les rares instants de sommeil sont troublés par des cauchemars,

ms)

La description ci-dessus représente l'aspect général des cas les vlus typiques. Bien entendu, tous les intermédiaires existent entre ceux-ci et les cas plus ou moins accentués.

SYMTOMATOLOGIE OBJECTIVE

La malade se présente généralement avec un faciès douloureux, les traits tirés, une certaine pâleur; angoissée dans sa physionomie, dans ses gestes, dans ses paroles.

A l’examen dans la position debout:

La palpation de la peau révèle une sorte d’épaississement de la paroï. Elie est douloureuse notamment au : pourtour de la cicatrice ombilicale.

La palpation abdominale montre un abdomen très augmenté de volume, proéminent. La malade accuse sous da main exploratrice une sensation de douleur au niveau de l’hypogastre et fréquemment dans la région hépato-vésiculaire sans toutefois présenter de localisations précises (Mac Burney, point vésiculaire).

La palpation montre fréquemment le foie légèrement augmenté de volume.

La malade étant placée en position dorsale pour examen gynécologique, la simple inspection nous montre parfois des organes génitaux externes dont la muqueuse apparaît congestionnée et ressemble à des organes génitaux externes de gravidiques au début, La muqueuse anale est souvent le siège d'hémorïoïdes plus ou moins tuméfiées.

Le toucher et le palper combinés nous montrent un utérus très augmenté de volume dans tout son ensemble

(col, isthme, corps) simulant parfois une grossesse de deux mois à deux mois et demi.

L'’organe utérin n’a pas la dureté caractéristique du fibrome, mais il donne plutôt l’impression d’une certaine malléabilité de la paroi, nettement distincte du ramollissement gravidique. Les ligaments larges apparaissent tendus et comme infiltrés, on sent souvent de grosses varices sur ces ligaments. Chez les sujets qui n’ont pas été infectés, on perçoit presque toujours très nettement les annexes épaissies, la trompe du volume d’un doigt et l’ovaire presque toujours augmenté de volume. |

Les mouvements communiqués au col retentissent douloureusement dans la région sacro-coxygienne.

Si l’on pousse le doigt explorateur vers le Douglas, ou mieux encore par le toucher rectal, on perçoit les ligaments utéro-sacrés empâtés, un peu douloureux et légèrement contracturés.

Parfois même, tout autour de ceux-ci, notamment dans le voisinage de la paroi osseuse, on trouve des amas plus ou moins diffus, constitués par le gonflement des mailles du tissu conjonctif. Il s’agit là de l’apparition de la cellulite au début si bien décrite par Stapfer et l’école kinésithérapique moderne,

En résumé, l’examen nous révèle une congestion pelviabdominale presque générale.

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