‹ La conjuration antichrétienneChapitre 37 sur 92 · i : ' , Ml · texte numérisé non relu

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Feu M. Auguste Sabatier, alors doyen de la Faculté de théologie prolestante, à Paris, a fait la même observation, dans des lettres adressées de Paris au journal de Genève, le 20 octobre 1898 et le 19 mars 1899, l'une avant, l'autre après la publication de l'Encyclique sur l'américanisme.

Après avoir observée que :

« L'américanisme est fils du libéralisme. »

Il dit :

« Sa pensée dominante est d'uNiR le siècle et l'église, de chercher une conciliation entre la tradition de VEglise et les aspirations du siècle, de faire cesser le conflit entre la théologie des séminaires et les sciences modernes. »

Il termine en disant qtie les américanistes espèrent triompher de toutes les résistances.

Comment? il le dit encore : « Bn redoublant leurs protestations de soumission au Saint-Siège, en abritant tout cela sous la souveraineté du Tape, en protestant d'une pleine obéissance à ses directions. »

Ceux qui ont suivi les novateurs, ceux qui ont observé leur attitude et leurs actes, q;ui ont lu leurs écrits, reconnaîtront que M. Sabatier a saisi sur le vif leur tactique. C'est d'ailleurs ce qu'a constaté Mgr Lorenzelli, dans le discours qu'il prononça au grand séminaire de Soissons dans les premiers jours de l'année 1902. Le nonce après avoir parlé des dangers qui menacent VEglise catholique à Vheure présente et signalé « la tendance à naturaliser l'esprit du clergé, à accueillir toute nouvelle doctrine, toute nouvelle méthode d'action », ne craignit point d'ajouter : « Cet esprit voudrait se justifier par certaines paroles du Saint-Siège. »

Cette manière de faire, il n'est pas inutile de le

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remarquer, répond d'une manière frappante aux vœux qu'exprimaient les Instructions données à la Haute- Vente.

Démocrates chrétiens d'abord, puis américanistes et enfin modernistes n'ont cessé d'agiter la bannière du Pape et de se présenter comme ses hérauts, tout en enseignant et en propageant de leur mi9ux los doctrines que le Saint-Siège n'a cessé de condamner.

Ils ont pris leur point d'appui à Rome même. Des directions pontificales, interprétées contre le sens commun, ils se sont forgé une arme contre les défenseurs de la saine doctrine; ils ont gagné des journaux, même ceux autrefois les plus opposés au libéralisme, de sorte qu'en France et en Italie, en Allemagne et en Amérique, on a eu la douceur de voir des célèbres champions de TEglise s'appliquer à dissimuler les vérités, quand ils ne propageaient pas eux-mêmes les erreurs de l'américanisme, du libéralisme et de la démocratie. Ainsi appuyée, l'audace des novateurs ne connut plus aucune crainte (1).

Quand vint la condamnation de l'américanisme, ils dirent que cette condamnation avait été « arrachée à la faiblesse maladive du Saint-Pore. » Et ce n'est point Le Figaro seul qui a parlé ainsi (numéro du 11 juin 1899). Le Sillon, qui n'a pas eu à changer, soit dit en passant, avait l'audace de ces perfides insinuations : « On chuchote bien des choses, je ne l'ignore pas, sur la façon dont l'entourage du Saint-Père aurait mis à profit, ces temps derniers, sa vieillesse et sa maladie. »

1. En novembre 1894, La Démocratie chrétienne publia un article de plus de 40 pages dont la conclusion était : « Nous n'avions ici qu'un but dans ce travail : démontrer que le Pape a des sympathies et des préférences pour les Chefs, les Doctrines et les Œuvres de cette Ecole que nous pourrions appeler désormais Eccls pontificale. Nous croyons avoir atteint notre but. »

Dans le Problème de Vheure présente, bien d'autres faits semblables ont été rapportés (1).

Quels troubles de tels dires produisent dans les esprits qui n'ont point les défiances commandées par le malheur des temps!

Dans son numéro du 10 avril 1899, le Sillon publiait sans commentaires une lettre où l'un des siens commençait par lui rappeler le doute qu'il avait émis peu de temps auparavant, à propos de l'Encyclique aux américanistes. « Léon XIII pouvait-il condamner du même coup l'œuvre entière de son pontificat? » Puis il en venait aux reproches :

« Maintenant, vous lâchez des hommes ou des idées que vous souteniez, dans l'espoir, semble-t-il, que ces concessions vous en épargnent d'autres. Permettez-moi de croire que c'est peine perdue. On vous délogera de vos derniers retranchements... Ne serait-il pas plus franc d'avouer que le Pape semble en train de ruiner peu à peu, — ou de laisser ruiner et défaire, dans ce qu'elle a d'humain et par suite de destructible, bien entendu, — l'œuvre de son glorieux pontificat? Cela peut et doit nous attrister : cela ne peut ni ne doit nous décourager. Mais pourquoi ne pas le constater? »

La suite de l'article montrait la pensée de l'apostasie roulant dans l'esprit de ces jeunes gens qui ont « cru marcher sous la bannière des clefs apostoliques », alors qu'en réalité ils étaient lancés sur les voies ouvertes par le maçonnisme.

Au moment où la franc-maçonnerie arriva au pouvoir et qu'elle jeta son cri de guerre : « Le cléricalisme, voilà l'ennemi », un des maçons les mieux instruits et des plus capables de se rendre compte des desseins et des plans de la secte, dit à un évê-

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