COND K
Se peut-il qu’on m'envie Une mort qui demain donne un lustre h ma vie?
Et qu'on m’offre, en retour, quelques ans rachetés Par des concessions qui sont des lâchetés?...
Ce serait vous venger cruellement, madame.
Si de Condé perdu vous tiriez un infâme,
Et si votre éloquence avait le triste don De me faire descendre au-dessous do mon nom!
LA COMTKSSE , après un silence, arec nne agitation fébrile.
Oui!... j’oubliais!... j’ai tort!... l’honneur, sans paix ni trêve!
Le regardant en face.
C’est ainsi que mon cœur vous a vu, dans son rêve !
Mourez, comme un exemple aux siècles qui viendront,
Sans plier vos genoux, sans courber votre front,
Car il ne convient pas, prince, qu’un tel sang coule Sous la main des bourreaux, aux clameurs de la foule!
Et si, pour vous sauver, j'ai fait un vain effort.
Ne me repoussez plus quand j’apporte la mort!...
Klle lui tond un petit flacon.
COND K, repoussant le flacon de In main.
La tète que voilà doit, en cette occurrence.
Tomber en plein soleil, sous les yeux de la France,
Pour que ce sang des rois, dont plus d’un est jaloux.
Puisse, de l'échafaud, les éclabousser tous!...
Qu’ils fassent leur métier, la chose les regarde!...
LA COMTESSE, tulelanle.
Monseigneur, monseigneur! c’est affreux, prenez garde!
Les bourreaux sont tout prêts, le temps fuit!...
Se jetant à genoux.
Par pitié!
LA CONJURATION D’AMBOISE
Lai fendant de nouveau le flacon.
J’en ai mis là pour deux!... laissez-iu’en la moitié!...
CONDÉ, hor» de lui.
A vous?...