LA DUCHESSE DE MONT PENSIER
CATHERINE. Elle quitte la duchesse et vn virement vers Condé . qui s'incline.
A-t-on revu lo duc?... sait-on quelque nouvelle?
CONDÉ
On me retournerait, madame, la cervelle.
Qu’en fait de nouveautés le plus adroit larron N’en trouverait pas plein l'oreille d’un cironl C’est le harem j?ic il... le long des couloirs sombres,
Des muots, nuit et jour, glissent commo des ombres!
Et, quant à ce beau duc, do tant d’honneurs pourvu,
Avant do le revoir il faudrait l’avoir vu.
LA DUCHESSE, » Catherine.
Voilà cette union dont vous étiez avide I
CATHERINE, à CodJ£.
Comment! personne oncor?...
CONDÉ
Personnel... un désert vide!...
A rêver le bonheur de vivre avec les loups!...
Après an grand soupir.
Les temps sont loin, madame, où, d'un regard jaloux, L’Europe contemplait, dans la clarté sereine,
L'escadron des beautés dont vous étiez la reine.
De ce morne palais, — geôle et tombeau du roi, —
La jeûnasse est partie avec un cri d’effroi ;
Et des vents qui passaient ont éteint jusqu’au faite L’illumination de tous ces yeux en fête.
CATHERINE, d'un ion impatient.
Est-ee nous, est-ce nous qu'il en faut accuser?
Que les esprits, d'abord, tâchent de s'apaiser...
Un jour nous suffira pour sortir de l’ornière.
C’est ce que je disais, la semaine dernière,
Au comte de Brisson qui se plaignait aussi...
CONDE, l’interrompant, à l'étourdie.
J’espérais, pour le moins, trouver sa femme ici.
CATHERINE, très -surprise.
Madame de Brisson?... la nouvelle venue?.. ^
Nul ne l’a présentée... on no l’a jamais vue.
Vous la connaissez donc?
CONDE, vivement.
Moi, bon Dieu?... Pas du tout.
Seulement... on soutient... dos personnes de goût Affirment... C’est, je crois, sa grâce naturelle.
CATHERINE
Eh bien ! vous en savez plus long que moi sur elle.
Souriant.
Uno chose, pourtant, que vous ne savez point,
C’est qu’à part sa beauté, — jo vous cède ce point, — Car, vu les qualités que chacun lui confère,
J’ai peur de m’attirer sur les bras quelque affaire!...
CONDE, riant.
On n’en est pas encor, madame, à s’emporter...