ACTE TROISIÈME
ÎS
Je planais au-dessus de vos grandeurs humaines,
El celui-là m'eût fait sourire de pitié
Qui m'eût parlé d'un prince et de son amitié!
Laissant derrière moi, dans ina roule nouvelle,
Les obstacles d’un jour qu'on franchit d'un coup d'aile. Plus haut que les partis et les religions,
Il me semblait fouler de calmes régions,
IVoù l'on n'entendait plus les clameurs de la terre !... Un seul astre éclatait dans ce ciel solitaire,
Un seul bruit, doux, joyeux, éternel et charmant.
Sur ces bords inconnus frappait l’ccho dormant:
Et cet astre d'amour, suflisant pour un monde ,
C'était votre beauté, dont la splendeur m’inonde.
Geste effrayé de la corntisse.
Et ce bruit qui montait dans les airs embrasés.
Lui saisissant la main.
C'était, sur votre main, le bruit de mes baisers!...
LA COMTESSE, retirant vivement sa main et so reculant, trét-offentée.
Ah! monsieur, j'aurais cru que mon peu de courage Méritait mieux de vous que ce dernier outrage,
Et je ne songeais guère, au moment de partir.
Qu'avant le jour venu j'allais m'en repentir!
Madame...
LA COMTESSE, avec énergie.
Pensex-vous que, sans regarder l'heure, J'ai trompé mon mari... j'ai laissé ma demeure... Et qu'un pareil aveu, dans la nuit écoulé,
Fait de mon dévoûmenl une infidélité?
I.A CONJURATION D’AMBOISE
Trrt-^tuac.
Je np me savais pas à ce point descendue,
Qu'on oublie, il me voir, l'estime qui m'est due,
Et que cet homme- là, que je sauve aujourd'hui.
Puise sa hardiesse à ma bonté pour lui.
Ge*te de Oihlr.
Qu'on pardonne aisément une phrase ainsi faite.
En plein inonde, à la cour, dans le bruit d'une fête,
C'est peut-être la mode, et même, as-u re-l-on,
So fâcher par trop liaut serait de mauvais ton.
Mais songez-y, monsieur, c'est presque une infamie Dans cet hôtel désert où je viens comme amie,
Lorsque je n'ai d'ailleurs, pour toute sûreté,
Que ma faiblesse même et votre loyaulé.
Elle fait an pn* pour sortir, Condé s* précipite entre elle el la porte.
Oh I laissez-moi partir, ma lèche est terminée,
Vous savez tout...
t CO ND K y avec un sombre désespoir.
Je sais qu'à me nuire acharnée.
Et debout, comme un s|>ectre, à chacun de mes pas.
Une fatalité, que je no connais pas.
Change, par la rigueur de sa puissance occulle.
Ma joie en lâcheté, mon amour en insulte.
Et fait qu’en ce moment vous reculez d'horreur Quand jt> verse à vos pieds le plus pur de mon cœur!
Je sais, je sais encor, devant ce front de glace.
Qu'un vaincu comme moi doil rester à sa place,
Que le sein d’un proscrit a tort de s'enflammer.
Et que les malheureux n'ont plus le droit d'aimer...