‹ La conjuration d'Amboise drame en cinq actes, six tableaux en versChapitre 77 sur 116 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

FRANÇOIS II

La question du moins serait bientôt vidée,

Si je pouvais, un temps, les éloigner d'ici.

MARIE STUART, «rec ehalepr.

Pouvez-vous éloigner les affaires aussi ?

Quand de leurs fortes mains, que la rafale inonde,

Vous aurez fait tomber le gouvernail du monde,

Est-ce un prince du sang... un ennemi do Dieu Qui trouvera le port sous la tempête en feu T

FRANÇOIS 11, levant convulsivement, avec une énergie i momentanée.

Ah! si Dieu le voulait!... Si je pouvais moi-même I , La mort m'a mis trop jeuno à ce faite suprême!

Que de fois dans mon ombre, écoute, écoute un peu, Entre ce Guise altier qui me traite en neveu,

Et ces princes flottants qu’on ne peut pas soumettre,

J’ai rêvé ce bonheur, de me lever en maître,

Et de dire au bourreau, debout à mon côté :

Viens repasser ton fer sur notre volonté !

Car nous n’entendons plus supporter en silence '

Ces orgueils fourvoyés jusques à l’insolence !

Ni ces dogmes qu’on trempe au sang des nations,

Ni lo choc éternel do ces ambitions

Qui font depuis dix mois lever tant de poussière, ’

Que nous no voyons plus notre peuple derrière !

Retombnnt liant* non fauteuil.

Mais tout cola bientôt s’arrête en m’étouffant!

Je suis un souffreteux, un malade, un enfant ;

Lamentable héritier des héros séculaires.

Je n’en ai pas la force et j’en ai les colères,

OU LA CONJURATION DAM BOISE

Et quand dans mon sommeil l'un d’eux vient m’avertir...

Appuyant ses dent mains tremblantes sur sa poitrine.

Je sens là comme un roi qui ne peut pas sortir!...

A part, arec découragement.

Ali 1 mourir!... oublier!...

TcodaDt la ifiain vers la reine.

Là, plus près, jo t’en prie!...

Marie s’assoit pri s de lui. la main dans la main.

Quand je ne serai plus, que feras-tu, Marie?

MARIE STUART

Sire, le méchant mot !

* FRANÇOIS II, avec un sourire ml-lancoliqu».

Oh! lu mo plains à tort,

Laisse-moi me coucher dans la paix de la mort!

Arec terreur.

Que cette cour sinistre à mes yeux se dérobe !

Assez!... Lè cardinal a du rouge à sa robe!

Le duc est sans pitié!... Ma mère me Tait pour!

Pressant Marie sur sa poitrine.

C’est toi mon seul amour dans ce monde trompeur!

C’est loi le seul regret que j’emporte à la tombe!...

MARIE STUART

Sire, à volro ègo heureux pensez-vous que l’on tombe.

Et que tout soit perdu quami on a dix-huit ans,

Pour quelques jours mauvais, au début d’un printemps?...

FRANÇOIS II, d'une voix lente et basse.

Les printemps sont passés, l'ombre vient... Dans mes rêves, La nuit, comme des Ilots qui montent sur les grèves. J’entends venir au loin de lois événements,

Que je deviens farouche et sombre par moments!..

J’ai des désirs cruels... dont je frémis moi-même!...

Ah! laisse-moi plutôt quitter ce diadème !

Dieu, peut-être, Marie, a fait les mêmes lois Pour les petits enfants et pour les petits rois !...

Peut-être il est un lieu, plein de silence et d'ombre,

Où, sous le dais tremblant des étoiles sans nombre,

Ceux qui n’ont pas vécu jusqu'au terme assigné Attendent vaguement ceux qui n'ont pas régné!

Ne me plains pas, ô toi, qui seras reine encore !...

Marie, les larmes aux yeux, secoue la tête. — I,n regardant avec passion.

Nos oncles le voudront... ta splendeur les décore!

Et ces ambitieux, qui sondent l’avenir,

A côté de là France ont l’Ecosse à tenir!

Tu partiras, Marie...

MARI K STUART, avec énergie.

Oh ! jamais en Écos-e!.,.

Si Dieu nous condamnait à quelque exil précoce,

Et qu’il fallût, un jour, pauvres faibles enfants,

Sortir, découronnés, des palais triomphants,

Et la main dans la main cheminer sur la terre...

Loin, bien loin do prétendre au sceptre héréditaire.

Ce qui mo donnerait une ombre de bonheur,

Ce que j’implororais comme un dernier honneur,

Gardant le souvenir, à défaut d'espérance,

Co serait, pour nous deux, au gai pays de France,

Un petit coin tranquille, un château, n’importe où,

Caché dans la Touraine ou bien dans le Poitou,

Sous des arbres touffus, d’où les oiseaux en fêtes Donneraient, en passant, la réplique aux poètes.

40î LA CONJURATION D'ASI BOISE.

Et dont nul no pourrait franchir les vorls arceaux.

Qu'à la condition d'être haï des sots!...

Souriant aTec flerté.

Je suis de France, moi!...

FRANÇOIS II, d’une vois do plus en plus tremblante.

Dieu t’écoule! je tremble,

Quand je vois sur ton front trois couronnes ensemble !

Une est déjà si lourde à porter!

Montrant les murs où les armes d’ Angleterre sont oppenducs auprès des arm* 1 * de France.

Je voudrais,

Malgré le Cardinal qui les fit mettre exprès.

Qu’on arrachât des murs ces armes d'Angleterre !

Baissant encore la vois.

Sais-tu que, cotte nuit, — c’est un affreux mystère! — j'ai vu, — toi, tu dormais, sous tes cheveux épars, —

De leur écu d’argent sortir les léopards !...

D’abord, ils ont rampé côte à côte, et leur bouche Semblait lécher la main qui [tendait sur ta couche...

Puis, tous les trois ensemble ont rugi fortement !

Et moi jo no me suis réveillé qu’au moment Où j’entendais déjà, plein d’une horreur muette.

Crier entre leurs dents tous les os de ta tête...

A rtc un cri terrible et les jreut grands ouverts.

Ahl

UAHIK S T O A II T , épouvantée.

Qu’avci-vous ?

FRANÇOIS 1 1 ! montrant d’une main tremblante lo collier de corail de Marie Stuart.

Là... là... ce cercle rougissant..’.

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