Pro Murena
tendu qu'elle n'a réellement commencé que vers le moment où on l'a découverte K II est bien difficile de le croire quand on sait combien l'organisation en était étendue et compliquée, qu'elle comprenait non seulement Rome, mais presque toute l'Italie, et qu'en Étrurie on était parvenu à former des rassemblements de troupes assez considérables. Même en supposant que ces mouvements n'étaient qu'ébauchés quand la conjuration fut étouffée, il n'en reste pas moins que pour en concevoir l'idée, pour en commencer l'exécution, pour mettre en train cette lourde machine, il semble que quelques semaines ou même quelques mois n'étaient pas suffisants.
Nous ne saurons jamais d'une manière précise à quel moment Catilina conçut l'idée de sa conjuration et quand il a commencé à la réahser. Contentons-nous de chercher de quelle manière elle est arrivée à la connaissance du public. Nous pouvons nous appuyer ici sur des textes précis. A l'époque où fut plaidé le
\. C'est l'opinion de M. John, dans son ouvrage intitulé : Die Entstehunç/sgeschichle dev CalHinarlsche Verchschwbrung. Il y dit en propres termes (p. 755) que ce fut l'échec de Catilina aux élections de 691 qui lui donna l'idée de la conjuration. Mais je crois qu'en étudiant de près les textes de Cicéron, on y trouvera la preuve que la conjuration, soit à Rome, soit dans l'Italie, est antérieure aux élections. A Home les menaces signilicatives de Catilina, qui avaient forcé de retarder l'éleclion, montraient bien ses desseins secrets. En Etrurie, le rassemblement des rebelles existait, puisque Catilina en fit venir un certain nombre à Rome le jour des comices {circmnfluente colonorwn Avretinorum et Faesulanorum exercilu.,Pro Murena, 24). Cette armée était bien celle que Manlius avait organisée. Tout ce qu'on peut croire, c'est qu'à partir de l'échec de Catilina la conjuration dut prendre un caractère particulier de violence.