‹ La conjuration de CatilinaChapitre 54 sur 89 · Gic, CaiiL, II, 8 et sq · texte numérisé non relu

Gic, CaiiL, II, 8 et sq

première renconlre, le résultat parût incertain, la république était perdue* ». Catilina le savait bien; au delà de ses adhérents décidés, des amis qu'il réunissait, la nuit, « dans un endroit retiré de sa maison », il apercevait la foule des autres qu'il savait prêts à le suivre, et c'est ce qui lui donnait tant de confiance. Qu'importait le nombre de ceux qui jetteraient les premières torches, si la multitude, dès qu'elle verrait luire l'incendie, devait accourir à leur aide? C'est un signal qu'on attendait, et il suffisait de quelques gens résolus pour le donner.

C'est là précisément ce qui fait pour Cicéron et le Sénat le danger de la situation. Ils savent que les conspirateurs sont prêts, qu'ils comptent sur la sympathie du plus grand nombre, et qu'une émeute, en quelques heures, peut devenir une révolution : ils ont bien raison d'être effrayés. Leur peur s'accroît de la difficulté où ils sont de se défendre. Contre tous les périls qui les menacent, ils sont désarmés. La loi, qui leur ordonne de veiller à la sécurité de la ville, ne leur en fournit pas les moyens. Rome ne possède pas de garnison; les légions qui reviennent de la guerre sont obligées de rester en dehors de l'enceinte sacrée du jjomaerium. C'est à peine si l'on trouve auprès des portes quelques esclaves publics pour les fermer le soir et les garder, pour faire pendant la nuit quelques patrouilles qui n'empêchent pas les bourgeois d'être assassinés, quand ils rentrent trop tard

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