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LA CONJURATION. igj
Repoussé de tous les honnêtes gens qui ne voulaient pas se charger d'un prisonnier aussi dangereux, il fut réduit à s'installer chez un compère, M. Marcellus, où tout le monde savait bien qu'il serait libre de faire ce qu'il voudrait, en sorte que cette manifestation, sur laquelle il comptait pour persuader les gens crédules de son innocence, ne lui servit qu'à diminuer le prestige que lui donnait son audace.
Rien en ce moment ne semblait lui réussir. Les pièges qu'il tendait au consul étaient déjoués; il ne pouvait former quelque projet qui ne fût aussitôt découvert et prévenu. Ces contre-temps devaient lui être très sensibles et le faisaient douter pour la première fois du succès de son entreprise. Est-ce dans un de ces moments d'irritation et de découragement que Salluste a voulu le peindre quand il nous dit ' que ses nuits et ses journées étaient troublées par le souvenir des crimes qu'il avait commis, que ses remords se lisaient sur son teint pâle, dans ses yeux injectés de sang, dans sa démarche tantôt lente, tantôt précipitée, qui trahissait le désordre de son ûme? » En môme temps nous apercevons à certains signes qu'il avait perdu de la confiance qu'il témoignait jusque-là à ces grands seigneurs de Rome, qui s'étaient faits ses complices. Il ne leur parle plus du môme ton. II leur disait, au début, « qu'il connaissait leur courage <'t leur fidélité, et qu'il les tenait pour des gens de cteur »; la dernière fois qu'il les réunit, il n'hésita