‹ La connaissance du beau: sa définitionChapitre 2 sur 14 · PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES

Tous nous avons quelque idée du beau ; tous nous aimons à en jouir, et aussi à en juger. Mais cette idée que nous avons du beau est vague ; les jugements que nous portons si souvent sur cette qualité ou ce défaut des objets s'appuient presque toujours sur des données très insufûsantes.

Les uns admirent parce qu'ils sont en présence d'oeuvres universellement admirées. Le peintre Schnetz comparait les œuvres des grands maîtres aux neiges éblouissantes du Soracte que Ton aperçoit à l'horizon de la campagne romaine, et, parlant de* ceux qui, pour suivre les guides de voyage, gravissent ces montagnes et se font ensuite un devoir d'admirer, sans avoir éprouvé une émotion vraie, il disait : t Que de bonnes gens montent sur ces hauteurs, crient comme des merles, sans rien comprendre, et vous retombent ensuite sur le dos avec tout un bagage d'admiration factice. » Schnetz avait-il tort? n'en est-il pas beaucoup qui crient comme des merles, sans rien comprendre aux beautés de l'art et de la nature et n'ont qu'une admiration d'emprunt.

D'autres lancent des paroles de blâme contre des œuvres d'un mérite réel, mais qa'ils ne comprennent pas. Ils croient justifier leurs étranges appréciations, en disant que des goûts et des couleurs on ne discute pas.

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