LIVRE MORAL
A rinstant où tu y Groiis, iu possèdes la vérité, tu possèdes la justiœ, tu possèdes la lil^erté. Le lendemain de ton triomphe^ — un siècle, c'est k lendemain, — dès que Tusage effréné et légitime de ta prcûe aura détendu tes ressorts et que tu ne croiras plus à ta puissance, dans les parties les plus humbles et les plus obscures de toi s'ébaucheront peu à peu d'autres images imprécises que tu demanderas à l'artiste de modeler et au guerrier de saisir. Ce sont ceux qui bêchent la terre, travaillent le fer, se brûlent au feu des usines, vont chercher dans le sol le niét:\l et le charbon qui portent la vie étemelle. Non, 6 saint Paul, parce qu'ils sont les vaincus, mais parce que c'est de leur matière brute que ne cessent de sortir ceux qui seront les vainqueurs. Ou plutôt ceux qui se lèvent pour vaincre, la flamme aux yeux. Ce n'est, p^s la défaite qu'il convient de diviniser, ce u'iast pas non plus la victoire. C'est l'esprit révolutionnaire que prépare la défaîte et que la victoire attend. L'étincelle jaillit dans la seconde qui sépare l'élan pour l'assaut, du cri de joie qu'on pousse en mettant le pied sur le mur.
50 LA CONQUfrrB
Je ea» œaiotenant ce que voulait dire à ceux qui réooùtaient aaiM le comprendre — on ne compiend jamais quand on écoute — celui qui allait répétant : a Mon royaume n'est pas de ce monde. » il voulait dire qu'aussitôt qu'une forme est réalisée, elle est morte. Il voulait dire que la vie étemelle s'agit et ne se fixe pas. Il voulait dire que l'esprit révolutionnaire seul vit et monte et persiste dans l'univers.
L'esprit révolutionnaire, c'est Dieu.