CHAPITRE SOIXANTIÈME
Or retournerons à ntre pmière matière, poursuir ainsi que les choses escherront dore en auant et dirons côment q après la prise du Roy de Tisle de Lancelot et que les viurez que nous * recouuvrasmez en sa prise furedt despenduz, nous auons eu moult a soufrir. Nous qui avionî?acoustuméà viure de pain, auons esté longuement sans pain et sans vin, auons vescu de char, car faire le conuenoit, et auons esté deux* ans et demy couchans à terre plaine, sans drap, linge ni lange, fors qu'en la poure robe déssirée que nous ayiions resçue, dont nous f usmez moult greuez, et aussi pour le grant trauail, qu'il nous a côuenu prendre contre nous ennemis, lesquelx nous auôs mys du tout à mercy et par la grâce de Dieu les
auons baptisiez espécialemt ceulx de Tisle Lancelot et mys à nre foy, qui pour la traison q leur fut faytte, côme dessus est dit, s'estoient rebellez contre nous, en nous faisant guerre mortelle.
1. Texte de Jean V de BétheDCourt, chapitre lix. Edition normande dit, p. 102 : Et qne les vivres que le dît Bethencourt et le dit Gadiffer eurent recouvrés à sa prinse.
Il est évident qu'il ne s*agit que de Gadifer et de ses compagnons.