CHAPITRE TREIZIÈME
Et quant les Canares eurent souppé, Bertin leur dist: « dormez -vous seurement et ne vous doultez de rienz, car ie vous garderay bien. » Et cependant les uns s'endormirent et ]es autres non.
Et quant Bertin vit que le temps fu, il se mist devant leur vis, Tespée en Ja main, toute nue, et les fist tous prendre et lier, et ainsi fut fait, fors que un nômé Auago qui se eschappa. Et quant il les eust pris et liez (il vit bien que son faict estoit decouuert et qu'il n'en porroit plus prendre) il se parti de là, perséuérant en sa mauvaise pensée et s'en ala droit au port de Tisle Gracieuse, là où estoit la nef d'Espaigne nômée Tranchemar , et mena les prisonniers auecque lui.
1. Texte de Jean V de Béthencourt. Chapitre xiii, édition normande, p. 22 ei 23. Titre du chapitre: Cornent après que Bertin et prins ie Roy et ses gens, il les mena à la nef Tranchemar, et les bailla aux larrons.