‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 46 sur 134 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈMÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈMÉ

Et au vespre ensuivant vint Bertin par terre au chastel de Rubicon, accompaigné de XXX homes des compaignons de la nef Tranchemar, lui disant ainsi : « prenez pain et vin et ce qui y sera. Pendu soit-il, qui riens en espargnera, car il m'a plus cousté que à nul deuls. Et maudit soit-il que riens y laira qu'il puisse. »

Et tout ce disoit Bertin, et moult d'autres paroles qui seroient longues à escripre; et mesment à aucunes femmes, lesquelles estoient du pays de Poitou', les bailla et liura par force et oultre leur gré aux Espaignolz qu'il auoit amenez, qui les traînèrent d'amont du chastel iusques à bas sur la marine, et furent auecques elles et les efforcèrent, nonobstant les grans cris et le grant brait* qu'elles faisoient. Et le dit Bertin estant au dit lieu, disant ainsi : « Je vueil bien que Gadifer de la Sale sache que, se il feust ainsi jeune côme moy, que je Talasse tuer, mais pour ce qu'il ne l'est mie, s'il me monte vn pou la teste, ie liray faire noier en l'isle de Louppes, si peschera aux loups marins*. »

1. Texte de Jean V de Bétbencourt. Chapitre xvn. Édition normande, chapitre xv, p. 27. Cornent Bertin livra les femmes du chastel aux Espagnols et les prendrent à force.

2. Texte de Jean V de Béthencourt. Lesquelles estoient du pays de France.

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