‹ La conquéte et les conquérants des Iles Canaries: nouvelles recherches surChapitre 71 sur 134 · CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME

Si auint que les Castillains qui estoient demourez auecques euls arrivèrent sur vne compaignie de gens qui estoient de XXXXV à L personnes, lesquelz coururent sus aux Castillains et les embrassèrent' tant que leurs fômes et enflfants furent esloingniez ; les autres compaignons qui estoient bien loing espartis se trairent vers le cry, le plus tost qu'ilz peurent, et arriua premier Remônet* de Leuedan tout seul, qui leur couru sus. mais ilz l'enclosirent entre euls, et si ne feust Jennequin d'Amberbouc qui là survint et se feri entre euls appertement et leur fit guerpir la place, Remônet estoit en péril de mort. Aussi y suruint Jeuflfroy Dausonuille, à tout vn arc en sa main ; et bien leur estoit besoing et les mistrent du tout à la voie et en chasse. Mais Gadifer, qui estoit bien auant ou fort pays, venoit tant qu'il pouoit soy quart, et print le chemin droit aux montaignes, là où ilz tiroient et les venoit en desavançant, quât la nuit le surprint et en fut si près qu'il parla à euls, et à grant peine s'entretrouuèrent noz gens, tant faisoit obscur, et s'en reuindrent toute nuit à la barge, et ne peurent riens gaîgnier sur euls,

1. Texte de Jean V de B. Chapitre xxxix. Édition normande, p. 62. Titre : (Moment ceux qu'ils encontrèrent an fort pays coururent sus aux Castillans.

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