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situés dans une gorge de deux cent mètres de longueur à peu près et de trente mètres de hauteur au confluent de TO 1 el Botha et de l'O d Aguememmar. Les caravanes campent en aval des puits pour être en terrain plus découvert.
5 e jour. D'il* el Kheneg à VO l lmedden. 35 kilomètres environ. — La piste remonte un instant l'O d el Botha, puis entre dans le lit de l'O Aguememmar qu'elle ne quitte pas jusqu'à l'étape. Au confluent de l'O d lmedden où s'arrêtent les caravanes, se trouve un r dir presque toujours à sec, même en hiver. L'O' 1 Aguememmar peut avoir 2 kilomètres de largem* en ce point. Terrain un peu sablonneux, beaucoup de pâturages. Avant d'arriver à l'O d lmedden, on dépasse une chaîne de petites hauteurs portant le même nom qui s'étendent des deux cotés de l'O d Aguememmar. D'a-
geur. Pâturages abondants, pas d'eau, route assez bonne.
5 e jour. De VO l Arak àVO 1 Imhelren^Q* Arak supérieur). 30 kilomètres environ. — La piste suit d'un bout à l'autre le lit de l'O d Arak dont la berge orientale domine sensiblement l 'occidentale : les deux berges sont hautes, mais accessibles de distance en distance. Les caravanes font étape dans la rivière ou sur la berge occidentale, auprès de deux puits abondants ( Imbelren) situés au débouché de hautes montagnes qui sont l'entrée du plateau du Mouydir ou plutôt du système montagneux qui porte ce nom. — Beaucoup de pâturages, le lit de la rivière n'est
LE
près Àbd el Kader ben abd er Rhaman, l'O a Imedden est la continuation de IW Arak.
frjour. De F O 1 Imedden à H { Aguememmar .
22 kilomètres environ. — La piste s'écarte de l'oued pour gravir le plateau qu'elle suit pendant la moitié de l'étape, puis rentre dans le lit et ne le quitte plus jusqu'auxpuits situés à 1 kilomètre environ de distance l'un de l'autre. L'eau est bonne, mais pas très abondante ; on ne peut pas abreuver plus de trois cent chameaux par jour dans les années de sécheresse.
Le second puits, situé à un coude de la rivière, est à l'entrée dune gorge dont le passage, à la fois sablonneux et rocheux, est assez difficile. Quelques bouquets d'acacias entre les puits ; à partir de là, la route pénètre dans le Mouydir.
7 e jour. D , H i Aguemmar à VO l Gourdi. 25 kilomètres environ. — La
pas très favorable à la marche.
&jow\ De VO 1 Imbelren dans une haute plaine. 20 kilomètres environ. — La piste quitte l'oued qui s'enfonce plus à l'est dans la montagne et suit le pied occidental de celle-ci à travers une haute plaine en terrain reg coupé de nombreuxpetits ravins sans importance. Les caravanes font l'étape dans un endroit bien pourvu de pâturages, pas d'eau.
7 e jour. De la plaine à tin r'dir de TQ* Arak.
28 kilomètres environ.
piste grimpe sur le plateau et le traverse pendant 15 kilomètres environ ; elle rencontre alors une petite chebka dans laquelle les chameaux doivent se diviser par groupes pour passer ; elle tombe ensuite sur l'O d A guemmemar qu'elle suit jusqu'à la tête à travers de nombreux acacias et quelques touffes de drin ; entre la tête de 10 d Aguemmemar et l'O d Gourdi affluent de TO d Tighetimin est un plateau très étroit. Les caravanes campent en arrivant à TO d Gourdi qui est assez large (500 mètres peut-être) et contient d ' abondants pâturages .
— Pas d'eau.
8 e jour. De VO 1 Gourdi à tO* Intitelt. 30 kilomètres environ. — Route de montagne accidentée, mais assez bonne encore .
A quatre kilomètres environ de l'O d Gourdi, la piste rencontre l'O d Tighetimin dont le premier est tributaire, et le remonte pendant deux kilomètres
— Même nature de route que la veille : la piste se rapproche continuellement de TO d Arak et finit par y déboucher auprès d'un r'dir, situé à la sortie d'une gorge formée par le Djebel Tibératin, qui porte aussi le nom de Tikout Arak. La descente sur l'O d Arak n'est pas mauvaise. Le r'dir est assez souvent à sec; il ne faut pas compter sur lui comme point d'eau. Pâturages abondants dans l'oued.
8 e jour. De V(y Arak auprès de Gouïret ed Diab.
25 kilomètres environ.
— La piste suit continuellement les rives de TO d Arak à travers un terrain reg favorable à la marche. Les caravanes campent à hauteur, et à cinq kilomètres environ
d'un groupe de gour ap-
environ, jnsqu aune source très abondante, mais de qualité médiocre. Elle tourne ensuite brusquement, pour gravir un col de deux kilomètres environ de longueur, entre deux montagnes escarpées, surtout à Test. Après lavoirfranchi, elle coupe trois ravins appelés oudian Kiouadkiouat \ dans le second desquels, un peu en amont, on trouve un palmier, et une petite source que les piétons peuvent seuls atteindre, quatre où cinq kilomètres plus loin est l'O d Intilelt, dont la largeur est de près d'un kilomètre. Pâturages abondants, peu d'eau.
^jour.DeVO'lntitelt à VO l Tadjemout. 28 kilomètres environ. — Piste de montagne . Le sentier s'engage presque de suite dans un ravin de quatre kilomètres à peu près de longueur, parsemé de rochers noirâtres, il traverse ensuite trois petits ravins, très rapprochés l'un de l'autre, appelés
pelés Gouiret ed Diab en arabe et Tin Segueffar en targui, qui ont une trentaine de mètres de hauteur et dont le pied est obstrué par des dunes.
Pâturages abondants ; pas d'eau.
9*' jour. D'auprès de Gouiret ed Diab à Khan- (jet Arak. 25 kilomètres environ. — La piste remonte quelque temps l'O d Arak, puis s'en sépare pour suivre le plateau sur la rive droite et rejoint l'itinéraire précédent à Khanget Arak (voir dixième jour ci-contre). La descente sur l'O d Arak
Saab el Hamir en arabe, et Indeosaten Uaïden en targui, puis longe jusqu'à FO d Tadjemout, le pied occidental de hautes mon-
est bonne et pas très raide. Les caravanes campent à la sortie de la gorge auprès du rocher appelé Tahouent qui marque, dit-on, la moitié de la distance entre In-Salah et .
Idelès. Un puits dont l'eau est bonne. Beaucoup de pâturages dans le lit de l'oued.
tagnes formant muraille .
Le terrain devient dur et rocailleux. L'O d Tadjemout qui sort à cet endroit d'une gorge étroite, contient une source très abondante, au moyen de laquelle les Isakkamaren cultivaient autrefois des jardins; il en est resté une cinquantaine de palmiers abandonnés, en plusieurs bosquets. Beaucoup de pâturages à l'étape, tamaris dans la rivière.
10 e jour. De l'oued Tadjemout à Khanget Arak. 28 kilomètres environ. — Route accidentée et fatigante. La piste suit d'abord le Saab el Tuedj bed, puis traverse la série des Oudian Tinasgarin avant d'arriver à l'oued Arak qui est très large à la sortie du Kheneg. Le Djebel Arak qui le borde est très élevé et presque à pic. Les caravanes campent auprès d'un rocher isolé dans l'oued qui marque, dit-on, la moitié de la distance d'Iu-Salah, à Idelès. Les Touaregs l'appellent Tahouent, les Arabes Hadjer el Habâre ; l'eau du puits est abondante et et bonne. Le Ut de l'oued est parsemé de tarfa, de betoum et d'éthel énormes, il contient beaucoup de pâturages.
11 e jour. De Khanget Arak à Melg el Oudian. 25
kilomètres environ. — La piste ne sort pas d'une gorge étroite, encaissée entre deux hautes montagnes ; elle s'écarte de temps en temps du lit de la rivière pour suivre les berges basses et couper au plus court ; l'oued coule en permanence pendant presque toute l'étape. Les Isakkamaren avaient là autrefois des labours qu'ils ont abandonnés depuis longtemps. Route assez bonne, beaucoup de pâturages et d'arbres comme à l'étape précédente.
12 e jour. De Melg el Oudian à Rous Tafezrit. 20 kilomètres environ. — Melg el Oudian est le point de jonction de l'oued Arak qui remonte au sud-est et de l'oued Amsir qui va plus directement au sud. La piste s'engage dans la gorge de l'oued Arasir qui n'a guère qu'une trentaine de mètres dans sa plus grande largeur entre deux berges le plus souvent inaccessibles, surtout à l'est. Au bout d'une quinzaine de kilomètres, la piste arrive sur un plateau légèrement sablonneux très bon pour la marche , sauf à l'approche des Gour Tafezrit, groupe de témoins géologiques de 30 mètres de hauteur environ d'où sortent les différentes têtes de l'oued Tafezrit, affluent de l'oued Idersen. Les caravanes campent à côté, des gour ; peu de pâturages, pas d'eau. Il y en a dans l'oued Tafezrit, beaucoup plus bas, mais le lit de l'oued est très mauvais.
13 e jour. De Rous Tafezrit à Toued Maniet. 35 kilomètres environ . — Abd-el-Qader ben Abd-er-Rahman assure que la route est bonne pendant toute l'étape, sauf deux petites chebka (ravins) à l'oued Afisfes et en arrivant à l'oued Maniet. Il est cependant très probable que la descente de Rous Tafezrit sur l'oued Afisfes doitêtre rude, puisque c'est le versant méridional du Mouydir qui commeece et qu'il est plus court que le septentrional. Les berges de loued Afisfes sont mauvaises surtout
LE SAHARA i(15
pour remonter colle du sud, les chameaux doivent se
Porte de Chardaia (Dessin de M. O'CoUayhan, d'après un tablrau de M. Dinel.)
subdiviser par petits groupes. A A kilomètres plus loin,
la piste passe au pied de la Gara Gadil, d'où part une dépression qu'elle suit jusqu'à l'oued Maniet, elle est peu encaissée, chebka à traverser des deux côtés de l'oued Maniet. Puits abondants de trois mètres environ de profondeur, beaucoup de pâturages.
14 e jour. De Voued Maniet à l'oued Taguezal. 30 kilomètres environ, — La piste descend d'abord l'oued Maniet, puis monte sur le plateau par une pente assez forte. Au bout de 10 kilomètres, elle traverse l'oued Tirhejert très large, qui marque la fin du Mouydir et en rassemble les eaux. Le terrain est bon à la marche, sauf quelques sables à l'approche de l'oued Taguezal, qui a deux cents mètres à peu près de large et renferme beaucoup de pâturages. Les caravanes campent à l'est d'un groupe de deux gour sans noms. — Pas d'eau.
15 e jour. De VO l Ta- \ 15 e jour. DeVO 1 Tasgtiezal à l'O* Tasnao. 22
kilomètres environ. — Route en plaine et terrain reg sans particularités à signaler. Le puits de Tasnao a un faible débit et est même quelquefois tari dansles années de sécheresse, il peut abreuver une centaine de chameaux par jour. Tout près du puits, un peu à l'est sur une petite élévation, se trouve une enceinte basse en pierres sèches, appelée Cheikh Salah du nom d'un marabout qui Ta fait construire en l'honneur de
nao à VO* Souf Meilen.
24 kilomètres environ.
— La piste suit continuellement le lit de l'O d Tasnao dont les berges sont basses et arrive à travers un terrain très bon pour la marche à TO d Souf Mellen affluent de l'O d Tirhejert où campent les caravanes. Pâturages abondants, pas d'eau.
l&jour. De VO* Souf M elle n à rù* Anded Nehal. 25 kilomètres environ. — Route en terrain peu accidenté. La piste oblique vers le sud-est pour rejoindre aux Ou dian Anded Nehal la précédente dont elle s'était écartée au départ du Tasnao. Rien à signaler.
Mouley Hassen, chérif du ïouat, mort en cet endroit, pâturages abondants. Le Dj eI . Tasnao est peu élevé.
16 e jour. De Tasnao à VO 1 Anded Nehal. 40 kilomètres environ. — Route en plaine, terraiu un peu sablonneux. La piste se dirige directement sur l'O d Souf Mellen, situé à moitié route, en laissant à Test la chaîne de gour Tinakourat, puis quittant le versant de rO d Tirhejcrt, descend insensiblement sur les Oudinn Anded Nehal, suite de six ou sept petits ravins inclinés vers l'est et qui doivent par conséquent aller à l'Igharghar. Les caravanes campent entre les deux prairies de ces ravins. Pâturages tout le long de la route, mais surtout à l'étape. Pas d'eau. Étape probablement trop longue pour une colonne.
M* jour. Les Oudian Anded Neuhal à l'oued Tahla Haouad. 28 kilomètres environ. — Les deux pistes se rejoignent aux oudian Anded Neuhal et n'en forment plus qu'une jusqu'à Tdelès. Il y a une dizaine de kilo-
mètres environ du premier au dernier des oudian ; terrain coupé, mais facile à la marche. Dans le dernier débouche un ravin qui suit la piste jusqu'à sa tète pour en prendre presque de suite un autre qui lui est opposé, et conduit à l'oued Tahla Haouad, il suffit de gratter un peu le sol pour avoir de l'eau en telle quantité qu'on veut; elle est un peu saumâtre. Nombreux pâturages; acacias et jujubiers dans le lit de la rivière.
iS e jour. De Voued Tahla Haouad à Voued Taharrak ou Tifidest. 28 kilomètres environ. — Roule un peu caillouteuse sur un plateau d'aspect blanchâtre; à moitié route à peu près, le chemin traverse une petite chebka formant ligne de partage entre les deux oued. La piste arrive à l'oued Taharrak en laissant à l'est l'éperon du djebel Taourirt el Foukania qui est précédé d'un groupe de gour appelés Takouit Lekebcl. Les caravanes campent en arrivant dans l'oued. A un ou deux kilomètres en amont, dans la gorge, on trouve un puits abondant d'eau assez bonne, appelé Iniker ou Hadou. Beaucoup de pâturages dans le lit de l'oued en aval du puits.
19° jour De Voued Taharrak ou Tifidest à Voued Inemgued. 33 kilomètres environ. — Route un peu accidentée, le terrain, assez bon pendant la première moitié de l'étape, devient dur à la marche pendant la seconde, à partir de deux gour d'une trentaine de mètres de haut, séparés par un oued. Entre celui-ci et Inemgued, il y en a encore deux autres à franchir. Il y a beaucoup d'eau courante dans l'oued Inemgued à l'endroit où campent les caravanes. Les Hoggar y ont des labours importants, et parmi eux Ahitaghel et Engadi; quelques haratins et esclaves y campent d'une façon presque permanente pour surveiller les cultures. Beaucoup de pâturages.
20 e jour. De foued lnemgued aux gour Insita. 25 kilomètres environ. . — L'étape se fait presque tout entière dans le lit de l'oued lnemgued près d'un ravin peu encaissé, son tributaire. Néanmoins la piste est assez bonne à la marche; à partir de l'oued lnemgued, elle change totalement de direction ; jusque-là elle se développait du nord-ouest au sud-ouest; maintenant elle va franchement à l'est. Les gour Insita, groupe de quatre ou cinq témoins géologiques, où se fait l'étape, ont une quarantaine de mètres de hauteur. Les derniers contreforts de la Coudiat du Hoggar se rapprochent rapidement de la route, et la Coudiat elle-même apparaît à l'horizon au sud comme une muraille dentelée à plus d'un jour de marche. Pas d'eau.
21 e jour. Des gour Insita à ldelès. 40 kilomètres environ. — La piste traverse plusieurs ravins tributaires de l'oued lnemgued; l'un d'eux contient des r'dir qui sont, paraît-il, toujours pleins, puis elle passe entre deux gour qui marquent le point culminant entre le versant de l'Igharghar et celui de l'oued Tirhejert, descend sur l'oued Tafeggakh, affluent de l'Igharghar et arrive aux labours et aux jardins d'Idelès qui s'étendent principalement sur la berge gauche du fleuve, traverse celui-ci dont l'eau est captée en seguia de dérivation et arrive sur la rive droite à un plateau abaissé sur lequel sont construits presque tous les gourbis qui composent idelès. Les caravanes qui veulent arriver à ldelès le matin font étape le vingt et unième jour aux gour qui dominent l'oued Taffeggakh et arrivent alors le vingtdeuxième jour de bonne heure.
ldelès n'a point d'importance comme centre de population, de commerce ou d'industrie. Suivant un de ceux qui l'ont vu le dernier (1883), on y trouve au plus une vingtaine de gourbis qui sont bien plutôt de mauvaises
huttes basses, en terre, habitées par quelques familles de haratins ou d'esclaves des Isakkamaren, Iboguelan, Kcl-Ouï, Kel-Ghela principalement. Elles sont situées près de la berge orientale de l'Igharghar et disséminées sans aucun ordre sur un plateau qui descend en pente douce jusqu'à la rivière. Celle-ci coule constamment sur une largeur variant suivant les saisons de cent cinquante mètres à un kilomètre , mais son lit a environ trois ou quatre kilomètres d une berge à l'autre.
Les renseignements ne concordent pas sur la hauteur de l'eau; d'après l'un, on peut passer partout, d'après l'autre au contraire, à cause des innombrables seguia de dérivations et de dépression du lit de la rivière , il n'y a qu'un gué situé à une centaine de mètres en amont du principal groupe de gourbis. Les jardins sont peu importants et comptent une centaine de palmiers, provenant de noyaux, qui ne rapportent à peu près rien et quelques figuiers ; les labours au contraire sont considérables en orge et différentes graines servant à la nourriture des Touaregs ou de leurs esclaves. Pendant les mois de mars et d'avril, il vient tous les ans une centaine de tentes Touaregs pour la moisson, puis tout le monde s'en va de tous côtés, il ne reste en permanence que les haratins (laboureurs) qui peuvent former un total d'environ cent personnes. Néanmoins ce groupe de population sédentaire parait être en voie d'accroissement.
Du côté du sud, la montagne ne commence guère qu'à une dixaine de kilomètres ; au nord, au contraire, l'horizon est presque inabordable sur cinq ou six kilomètres au moins. La piste d'Idelès par la vallée d'Igharghar passe dans un col et ne rejoint l'oued qu'à une douzaine de kilomètres d'Idelès.
Il existe à cinq ou six jours de marche à l'ouest sud-
ouest d'Idelès, au pied de la Coudiat du Hoggar, d'autres centres de population.
Un fait récent a permis de contrôler une partie des renseignements qui précèdent.
Dans les premiers jours d'août dernier un poste situé à El-Goléahfut prévenu qu'un parti de Touaregs Hoggar s'avançait vers le nord. Les Touaregs parurent en effet dans la direction du nord-est d'El-Goléah et leurs opérations commencèrent h Daïet ed Drina où ils firent une razzia sur les chameaux que les Cbambas Mouadhi laissaient paître en liberté aux abords de l'oasis. Les Touaregs enhardis par le succès se divisèrent alors en deux groupes, ce qui rendit plus facile l'attaque des Mouadhi qui les poursuivaient. Un premier engagement eut lieu au Hassi Inifel; les Mouadhi parvinrent à mettre en fuite un des groupes de Touaregs après leur avoir tué un homme et fait deux prisonniers. Le second parti des Touaregs n'avait que seize cavaliers, il se trouvait aux environs de l'oued el Djedari, mais cherchant un puits il dut s'approcher de l'oued Inifel, et tomba entre les mains des Mouadhi qui entraînèrent vers El-Goléah tous les prisonniers et les vingt-six méharis pris au rezzou. Chemin faisant, ils en fusillèrent quelques-uns pour leur enlever tout espoir de revanche. Sept prisonniers ont été incarcérés à Ghardaïa ; quelques uns appartiennent à la tribu noble des Taïtoks. Les restes de cette bande de pillards a été bientôt détruite par les Châmbâs dissidents du Gourara et d'Insalah.
On a obtenu des prisonniers amenés à Ghardaïa des renseignements précis sur la marche du rezzou ; l'itinéraire suivant qu'ils ont fourni confirme pleinement certaines données des itinéraires qui ont été reproduits plus haut.
Itinéraire suivj par le Rexzou.
Recruté chez les Kel Ahenet dans l'oued Ouahien, près Tihen Akli; au sud-ouest de la source Haouad. Départ d'Ouaillen Halte méridienne près des hauteurs de Sil Edrar. Couchée à trois heures au nord de ce point. — Pas d'eau.
2 e journée (23 juillet). — Halte méridienne à l'oued Maniet, affluent de l'oued Tirerjert (ou Tir chart) puits, arbres d'essences variées, asel, Talha (acacia arabica). Couchée au pied des gour de Tiselilin (pas d'eau). Quand il a plu , les crevasses rocheuses des gour sont d'excellents réservoirs, qui gardent longtemps l'eau. Bois et végétation : talha, essel, had, merkh, guettaf, sfar.
3 e journée (24 juillet). — Halte méridienne près des hauteurs d'Amsir. Couchée à Aouhar, dans un lit d'oued. L'eau est fournie par un puits profond de deux ou trois mètres, qui peut abreuver un assez grand nombre de chameaux à la condition d'être curé. Bois et végétation, talha, afersig, guettaf, etc..
ajournée (25 juillet). — Halte méridienne à In-Guerzamen, dans le Mouydir. Terrain accidenté. Couchée à Irrerrar-Mellem. Au bas des berges rocheuses de l'oued se trouvent de profondes et vastes crevasses qui font office de citernes et qui, après les grandes pluies conservent l'eau potable pendant plus d'un an. Arbres et végétation, talha, asabaïa, drinn abondant.
o° journée (26 juillet). — Halte méridienne à la tête de l'oued Tin Serfadh. Couchée dans le milieu de cet oued. L'eau ne coule pas, mais elle affleure presque. Il suffit de creuser un trou de quelques décimètres
pour le voir se remplir immédiatement d'eau. Ces sortes d'aiguades portent le nom d'Ibenkar. Bois et végétation (talha, sedra, arba).
6 e journée (27 juillet). — Séjour jusqu'à quatre heures de l'après-midi à l'ibenkar de Tin Serfadh. Couchée à In Sermar, Utd'oued. On trouve généralement l'eau en creusant peu profondément dans le sable. Bois et végétation abondante (essel, afersig, driun, had, djell).
1' journée (28 juillet). — Halte méridienne dans l'oued Idergann. Près de là se trouve une source
Portrait de Kenan-ag-Tissi, chef des TaÏtok (Dtssin île M. O'Calbghan, d'après un- photographie de .tf. le C" Bissuel.)
abondante, l'Ain Baglin, qui sort des gour El Boulât, uu palmier a poussé près de la source. Bois abondant dans l'oued Idergann (probablement Idgeran). En continuant à suivre cet oued, on passe près d'une autre source, l'Ain el Ardjaïa, moins abondante que l'Ain Baglin et indiquée par une trentaine de signaux en pierres sèches élevés sur la berge. Couchée à Abodra, oued affluent de l 'Idergann. Pas d'eau . Bois et végétation (talha, tamat, djell etc)...
8" journée (29 juillet). — Halte méridienne dans l'oued Tamertast. U y a dans le roc des berges, des
crevasses conservant l'eau longtemps après les pluies. Couchée dans l'oued Sidi Moussa. A trois ou quatre kilomètres au-dessous, on trouve une forte source dite El Beheg. Bois et végétation. L'oued Sidi Moussa est une région très fréquentée par les tentes des Ouled Ba Haramou et des Chânibaa, dissidents.
9 e journée (30 juillet). — Le rezzou abreuve ses chameaux et fait sa provision d'eau vers huit heures du matin, à Tioudjiguin (ou Khanget el Adid) source peu abondante, venant des hauteurs qui dominent le plateau du Mouydir au nord. Halte méridienne dans le Beg. Couchée dans le bas de l'oued Basmelli (1res Malien ou Farès oum el LU... etc.). Pas d'eau. Bois abondant. (Hâd drinn, afersig). 1
10 e journée (31 juillet). — Halte méridienne à l'Agba (la montée) 1res Malien (trois puits peu profonds, eau suffisante pour cinquante ou soixante chameaux). Bois et végétation (etel, afersig, dhomran, drinn, guettaf, askaf etc.) Couchée dans le haut de l'oued 1res Malien. Pas d'eau.
11 e journée (1 er août). Halte méridienne près de Koudiat et Malha (talha, tamat, végétation variée). Couchée dans l'oued Asekaïki. Pas d'eau. Etel, drinn, etc.
12 e journée (2 août). — Halte et couchée au Bir In Soki (un puits et plusieurs Tilmas). Retem et Ethel.
\& journée (3 août). — Halte méridienne dans l'oued Aridh. Pas d'eau, jujubiers sauvages, éthel, retem. Couchée près de l'Erg de Megraoun. Pas d'eau, retem, drinn, etc.
{ajournée (4 août). — Halte méridienne à Aïssa ou Mbella, point nord extrême de l'Erg de Megraoun. Pas d'eau. Bois et végétation, talha, alenda, hâd, djelL
Couchée daas une des daïas de Bakha. Pas d'eau. Retem, neci, etc.
1 E>* journée (5 août) . — Arrivée avant midi au Hassi- Inifel. Puits peu profond et très abondant. Etcl, retem, drinn, etc. Couchée au môme point.
Feuhe arabe et sos enfant
(Dessin de M. Métier, d'après une photographie.)
16' 'journée (16 août) Halte méridienne en deçà de Draa el Abed. Halte au coucher du soleil à l'Euteg cl Malha, marche de nuit, à partir de neuf heures du soir, dans la direction d'El Feidh (dans l'est d'El Golénh, an sud et à l'est des gour Ouargla et de la gara Tagouiniut).
il* journée (7 août). — Arrivée, au matin, à Daït od Drina et Arig Ranem (carte Pauzot) où la razzia a été opérée .
Comme on le voit les nouveaux renseignements donnés par les Touaregs coïncident sur bien des points avec ceux déjà connus et si quelques-uns des endroits qu'ils indiquent ne peuvent encore être placés sur nos croquis, cela tient surtout à ce qu'ils donnent les noms de lieux en langue berbère et que nous les connaissions précédemment sous leurs noms arabes.
Mais de Goléah il existe une autre route qui permet de ne pas fouler le territoire d'In-Salah, ce qui peut être une cause de conflits. Il faudrait alors emprunter la première route indiquée jusqu'à El Meksa ou H Saret qui est à sa h auteur et de là, en trois ou quatre marches atteindre H 1 Insoki qui se trouve sur l'itinéraire Flatters que nous donnerons plus loin.
Ces routes ne présentent pas des difficultés insurmontables, mais elles suivent longtemps et de très près, sinon la frontière marocaine, au moins un pays hostile. De plus le point de départ Metlili et Goléah sont plus loin d'une ligne de chemin de fer que ne le sera bientôt Ouargla de la ligne de Constantine-Biskra.
En tous cas il est bien certain et il est nécessaire qu'il soit établi bien clairement daus l'esprit de tous, que parsonne aujourd'hui ne peut parcourir ces routes paisiblement, que le fanatisme musulman en fait une barrière impénétrable pour tout homme isolé. 11 est certain aussi qu'il y faut l'emploi de la force.
Cette certitude, bien démontrée depuis la mort du colonel Flatters, a poussé la France à se désintéresser de cette question parce que Ton suppose que la valeur du résultat à atteindre n'est pas en rapport avec l'effort à faire; autrement dit la France n'a pas compris :
1° Ce que Ton pouvait tirer du Soudan au point de vue des productions.
2° Elle s'est exagéré les dépenses en hommes et en argent nécessaires pour arriver au Soudan. La discussion de ces questions nous entraînerait trop loin, nous en rejetons l'exposé à un des chapitres suivants.