EDOUARD, CHARLOTTE
charlotte, se jetant dans ses bras.
Bonjour, Edouard.
t . Charlotte, Edouard.
EDOUARD
Bonjour, sœur.
CHARLOTTE
Tu n'es pas rentré cette nuit?
EDOUARD
Tu le vois bien !
charlotte, tristement.
C'est mal, Edouard!
Edouard, allant s'asseoir dans le fauteuil à droite. Allons, ne vas-tu pas me faire de la morale, petite fille!
charlotte, s'appuyait sur son épaule.
Mon Edouard, je ne te fais pas de morale, mais je te dis: Quand lu ne rentres pas, je pleure, ma mère pleure. Et mon père.... Dieu te pardonne, Edouard, car tu ne fais pas la chose méchamment n.on père pleure aussi.
EDOUARD
Que veux-lu , n.on enfant'' je suis dehors, dans un monde où je m'amu-e; une discussion intéressante entraîne, elle mène plus tard qu'on ne croit, quelqu'un propose de souper, on soupe, et la nuit se passe ainsi.
CHARLOTTE
Edouard, Edouard! le monde nous a piis ton cœur, pourvu qu'il s che l'apprécier.
EDOUARD
Le cœur du fils et du frère est toujours avec vous; seulement, c'( st \ rai , le cœur de l'amant est ailleurs.
charlotte.
Et cette femme pour laquelle tu fais tant de sacrifices, t'aimet-elle au moins?
EDOUARD
Je l'espère.
CHARLOTTE
Elle ne te l'a donc pas dit?
EDOUARD
N< n , mais elle me l'a laissé deviner.
CHARLOTTE
Edouard, quand on aime les gens, on ne le leur laisse pas deviner, on le leur dit.
EDOUARD
Charlotte !
CHARLOTTE
Oui , et je trouve cela tout simple; j'aimais Frédéric Alden et je le lui ai d.t, moi.
EDOUARD
Et qu'en ont pensé nos parents?
CHARLOTTE
Ils ont pensé que j'avais bien fait.