‹ La ConscienceChapitre 45 sur 114 · ATE II, SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ATE II, SCÈNE XV

Frédéric, allant poser son chapeau sur la cheminée. Ah! la défense n'était pas facile. Depuis quelque temps ces sortes de crimes deviennent si fréquents, que le grand-duc a fait décréter la peine de mort pour le vol dans les caisses publiques. Edouard, se levant.

La peine de mort ! Au fait, cela vaut mieux.... quoique....

FRÉDÉRIC

Quoique?...

EDOUARD

Quoique l'homme qui prend de l'argent dans une caisse ne soit pas toujours un voleur.

FRÉDÉRIC

Ah par exemple !

EDOUARD

Sans doute. Le vieux Sivert, ton client, avait peut-être l'intention de remettre le lendemain dans la caisse cette somme qu'il avait prise.

FRÉDÉRIC

Mais, mon cher, avec de pareils accommodements, le premier coquin venu disposera de l'argent de l'État pour ses plaisirs ou ses besoins.

EDOUARD

Il n'en est pas moins vrai que ton client a été acquitté.

C'est-à-dire qu'il a été condamné aux galères au lieu d'être condamné à mort.

EDOUARD

Malheureux ! Et tu appelles cela avoir gagné ton procès?

FRÉDÉRIC

Mais de quelle humeur es-tu donc aujourd'hui? Qu'as-tu?

EDOUARD

Moi, rien. Au revoir, Frédéric.

FRÉDÉRIC

Edouard !

Edouard, sortant par V antichambre.

Les galères ! les galères !

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