‹ La ConscienceChapitre 57 sur 114 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

EDOUARD, RITAN*.

EDOUARD

Ah ! c'est toi, mon ami ; viens vite, viens.

RITAN.

Je t'ai fait attendre?

EDOUARD

Peu importe, puisque te voilà.

RITAN.

Qu'as-tu, et pourquoi ce trouble ?

EDOUARD

Laissons cela. La réponse.

RITAN.

Je l'ai.... mais....

Donne alors.

Auparavant, dis-moi....

La réponse! la réponse!

Le mariage de ta sœur..

EDOUARD

RITAN.

EDOUARD

EDOUARD

Mais tu veux donc me tuer ! La réponse !

RITAN.

Mais auparavant, que diable, écoute-moi.

EDOUARD

J'écoute.

RITAN.

Les Kœnigstein sont de vieille noblesse, très-délicate en matière d'alliance, et le mariage de ta sœur avec un avocat....

ÉDOl ARD.

Eh bien !

RITAN.

Les choque.

EDOUARD

Cet avocat, aujourd'hui même a sauvé la vie d'un homme. Ritan, voilà ses titres de noblesse.

RITAN.

Enfin, que veux-tu? Ce sont des préjugés, je le sais....

EDOUARD

Mais la réponse! la réponse!

\. Ritan, Edouard.

f>8 LA CONSCIENCE.

Mon ami, crois-bien que je souffre avec toi, et que la réponse, si elle était telle que je la désire....

EDOUARD

Elle refuse?

RITAN.

Ce billet

Edouard, le lui arrachant des mains.

Donne. [Il V ouvre et lit.) « Monsieur, monsieur le baron de Ritan m'a transmis votre singulière lettre.... » — Tiens, lis toi-même, Ritan, la tète me tourne, j'ai un nuage devant les yeux, je n'y vois plus.

ritan, lisant.

« Votre singulière lettre. Je ne puis, je vous l'avoue, comprendre une pareille proposition. Quelques innocentes plaisanteries ne vous ont donné aucun droit.... »

Edouard, V arrêtant.

Non , il n'y a pas cela!

RITAN.

Vois.

EDOUARD

0 mon Dieu ! Allons, continue.

RITAN.

« Quelques innocentes plaisanteries ne vous ont donné aucun droit de vous croire aimé; mais, comme avec cette bonne opinion que vous paraissez avoir de vou<-même, vous pourriez me compromettre, je vous prie, monsieur, à l'avenir, de ne plus honorer noire maison de vos visites. »

EDOUARD

Est-ce tout?

Oui.

EDOUARD

Oh ! c'est impossible! Cette lettre, elle l'a écrite pour ses parents, pour son père , son frère. Tu en as une autre....

RITAN.

Elle était seule, et personne ne la contraignait.

EDOUARD

Ritan, je suis sûr que tu as autre chose que celte lettre !

RITAN.

Autre chose, oui; mais j'avoue que j'hésitais....

EDOUARD

Tu hésitais ! et pourquoi? Tu ne sais donc pas que ma vie est suspendue à ce message.

RITAN.

Tu comprends que chargé de tes intérêts, je ne me suis pas laissé battre ainsi,

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