‹ La ConscienceChapitre 98 sur 114 · SCENE VIT · texte numérisé non relu

SCENE VIT

EDOUARD, CHRÉTIEN1

(Edouard reste absorbé, puis tout à coup va à la table.)

CHRÉTIEN

Vous êtes seul, monsieur Edouard?

Edouard, écrivant sa démission.

Ah! te voilà, Chrétien?

CHRÉTIEN

Je ne sais ce qui se passe autour de nous, monsieur, mais je suis inquiet de tout ce que je vois. On dirait que quelque grande catastrophe nous menace. Et votre agitation....

Edouard , se levant.

Chrétien, nous partons dans une heure.

CHRÉTIEN

Vous quittez Munich?

Edouard.

Pour n'y jamais revenir.

CHRÉTIEN

Jamais?... Ne laissez-vous donc ici personne que vous regrettiez?... qui vous regrette?... Elle vous aimait, disiez-vous?

EDOUARD

Oui.... oh! oui.... elle m'aime!

CHRÉTIEN

Et vous partez malgré cela?

t. Edouard, Chrétien.

EDOUARD

A cause de cela, Chrétien.... pour qu'elle m'oublie.... pour qu'elle en aime un autre.

CHRÉTIEN

Oh ! monsieur, si le monde connaissait toute la noblesse de votre conduite!

EDOUARD

Je n'agis plus pour obtenir son approbation, mais pour être satisfait de moi. Que tout soit prêt dans une heure, va !

Et où allons-nous, monsieur?

EDOUARD

Le sais-je? où le hasard nous conduira. Je dis nous.... car tu ne refuseras pas de me suivre encore , n'est-ce pas? Quoique je sache à peine de quoi nous vivrons et si j'aurai du pain à te donner.

CHRÉTIEN

Moi vous quitter, monsieur!... jamais.

Edouard , voyant la comtesse qui entre par la gauche. Sophie!... pas un mot! [Chrétien sort lentement).

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