Cf. I, p
2, Cf. Il, p. 224.
qu'elles s'accordent toutes également à objectiver et à fonder un même et unique présent dans leur multiple passé. Ainsi l’intraduisible étrangelé que nous avons souvent signalée dans les souvenirs de nos malades tient aux conditions mêmes dans lesquelles la conscience morbide est réduite à faire emploi de la notion de temps et c’est de sa nature même, de l'incomparable individualité de ses états, qu'il résulte que ses souvenirs et ses prévisions sont, comme nous avons dit, de véritables métastases du présent dans le passé et dans l’avenir, opérées sous la contrainte des nécessités discursives !.
Il en est, de l’espace comme du temps, quand la conscience morbide est aux prises avec la nécessité, non plus de mettre en série les données de son expérience intime ct les faits de son histoire, mais de déterminer le milieu extérieur au sein duquel elle se meut.
Toute affirmation d’une réalité objective, toute localisation dans l’espace homogène supposent concurremment l’impersonnalisation des sensations et des perceptions, qui sont psychologiquement leur point de départ, puisqu’elles reviennent à affirmer que quiconque serait à notre place, dans les conditions où nous sommes, sentirail et percevrait exactement ce que nous sentons el ce que nous percevons. Du contenu de notre conscience, à chaque moment, par l'effet d’un mécanisme complexe qui tient de la collectivité et de son organisation conceptuelle une grande part de sa fixité et de sa permanence, se détache spontanément un groupe d'images privilégiées qui, ramenées de la diversité fuyante des impressions individuelle s à la rigidité de types constants et invariables, constituent notre monde extérieur. « De tout objet familier nous avons une infinité d'images inégalement étendues, parmi lesquelles nous en avons choisi une que nous appelons « réelle »; et