OBSERVATION XI
Conservation de l'utérus, des deux trompes et d'un tiers de l’ovaire gauche. — Excellent résultat. — Une grossesse.
(Observation due à l’obligeance de M. le D' GOULLIOUD)
Mme G.., 22. ans.
Dysménorrhée ancienne retentissant sur l’état général, le tube digestif et donnant fréquemment un syndrome diarrhéique. Règles toujours très pénibles, sept à huit jours, douleurs avant les règles et après, laissant à peine huit jours de bon par mois.
Opérée en 1922, à l’âge de 20 ans, pour douleurs abdominales droites, sans crise appendiculaire nette.
Incision de pfannenstiel pour vérifier les ovaires. Appendicectomie, rien aux ovaires d’important.
Se marie en 1923, dysménorrhée persiste, s'accompagnant de pertes blanches très fluides. Plusieurs examens gynécologiques sont faits en 1924. Les douleurs sont d’abord attribuées à de la Douglassite sans lésions anne-
xielles. Du reste, aucune étiologie d’une salpingite: pas de bacillose (examen pulmonaire négatif); pas de blennorragie, pas d'infection puerpérale.
Un examen en juillet 1924 ré :le un ovaire droit plus gros qu’un œuf de poule, les annexes gauches paraissent adhérentes au ligament utéro-sacré gauche.
Persistance de la dysménorrhée avec augmentation de la leucorrhée.
Un examen fait par le Docteur RÉCAMIER en août 1924 montra: Masse annexieile droite du volume d’une pomme située dans le cul-de-sac latéral droit. Du côté gauche, en arrière du col, petite masse très saillante, régulière et très douloureuse à la pression, qui peut être l’ovaire gauche ou une trompe moniliforme.
Enfin, M. le Professeur VILLARD voit la malade en septembre 1924 et confirme le diagnostic du Docteur RÉCAMIER en même temps qu’il insiste sur l’indication opératoire.
Intervention 20 octobre 1924. — Professeur VILLARD.
Laparotomie médiane. |
On trouve un kyste de l’ovaire droit mal pédiculé avec une trompe saine.
Ablation de cet ovaire.
A gauche, l’ovaire présente aussi un kyste, mais avec une partie saine qui est conservée, représentant le tiers d’un ovaire normal, sous forme d’une petite cupule.
La trompe gauche saine est conservée. Utérus de volume normal.
Examen des pièces: kyste uniloculaire à contenu sérohématique de l’ovaire droit. Petit kyste hématique de l'ovaire gauche.
L'examen histologique, pratiqué par M. le Professeur agrégé J. MARTIN, a montré qu’il s'agissait d’un kyste sans caractère de malignité.
23 novembre 1924, apparition des règles à la date voulue. Par la suite, grosse amélioration, disparition de la
dysménorrhée, diminution de l’hydrorrhée en même temps grosse reprise de l’état général.
En 1926, les règles sont toujours normales, un peu longues, régulières, un peu douloureuses; reprise importante de poids, 51 kg au lieu de 41 kg.
Mme G.., désirant vivement une grossesse et un peu déçue à ce point de vue de son opération, on lui propose une dilatation utérine.
23 mars 1927, M. le Professeur VILLARD pratique une dilatation aux bougies de Hegar (N° 14). Curettage superficiel ne ramenant rien.
Discision de la lèvre postérieure du col. Cautérisation -au chlorure de ZN.
Nouvelle amélioration, cessation des pertes blanches, augmentation de poids jusqu’à 57 kg. :
En juin 1929, au retour d’un voyage en Italie, premiers symptômes d’une grossesse, mais malgré tout, en l’absence de symptômes nets de gravidité, on craint même la possibilité d’une ménopause anticipée; mais la grossesse se confirme et les signes de certitude apparaissent. Actuellement une grossesse presque à terme, à la grande joie de la jeune mère.
Ces deux interventions ont donc transformé et admirablement guéri cette malade et ont permis l’évolution d’une grossesse tant désirée par Mme G...
OBSERVATION XII (Thèse LABRY)
Conservation de l'utérus et des annexes gauches après énucléation d'un petit kyste de l'ovaire. — Excellent résultat.
Mme For.…, 19 ans.
ntervention 1 décembre 1924.
Laparotomie médiane.
A droite, il existe un kyste séreux, à paroi translucide, grosse trompe, ablation des annexes droites.
A gauche, il existe un autre kyste de l’ovaire, mais plus petit, du volume d’une grosse noix. Pour ne pas sacrifier le deuxième ovaire, on pratique l’énucléation intra-glandulaire du kyste dont la paroi paraît être enlevée en totalité.
Revue le 12 mars 1926, la malade se déclare guérie, peut faire un travail pénible. La malade est réglée normalement depuis l’intervention, pendant quatre ou cinq jours (les règles n’existaient pas avant l'intervention). Pas de douleurs, pas de troubles endocriniens.
Examen local: au toucher on sent l’utérus en position intermédiaire, l’ovaire restant est senti un peu gros, mais non douloureux.