ACTE IH
MADAME DUBREU1L, à pari.
Quelb douleur de rougir devant ellel
LAURB, à Luci«o.
Répondez franchement, et ne me cachez rien :
On vous a dit du mal de moi, monsieur Lucien t
LUCIEN
De vous!
LAVRE.
Ce n'est pas vrai, quoi qu'on ait pu vous dire: Jaloux de mon bonheur, qui donc veut'le détruire?
LUCIEN
Croyez...
LAURE
Je ne sais rien, mais j'ai tout deviné :
C'est hier, à Meudon; Vous n'avez pas dîné; Pendant ce long repas, auprès de vous placée, Mon cœur interrogeait tout bas votre pensée; Et, de votre visage en voyant la pâleur, J'avais déjà compris l'approche d'un malheur. Maintenant, j'en suis sûre, un danger nous menace! Ce mariage, on veut empocher qu'il se fasse, N'est-ce pas? On vous force à renoncer à nous; On ne nous trouve pas assez riches pour vous? — Si ce n'est pas cela, qu'est-ce donc? A mon père On ne peut reprocher autre chose, j'espère?
LUCIEN
Je crois bien! 'Votre père!... Ahl qu'il soit riche ou non, Vous pouvez être heureuse et fière de son nom ! Son antique vertu, que partout on respecte, A personne, jamais, ne deviendra suspecte ;
Il n*est pas dans le monde un homme plus loyal! Ne doutez pas de lui... cela fait trop de malt
MADAME DUBRBUIL) à pari.
Pauvre enfant t
LAURE
Mais alors que faut-il que je croie?
Hier, ici, nos cœurs s'ouvraient tous à la joie; Nos pères, s' unissant par un double lien, Signaient notre bonheur... car c'eût été le mienl
LUCIEN
Laurel
LAURB.
Je vous le dis naïvement, sans feinte; C'est un regret, Lucien, ce n'est pas une plainte. Un jour a tout changé, je ne sais pas pourquoi ; . Mais il faut plus d'un jour pour que je change, moi. On nous avait permis de nous aimer; j'ignore Si vous m'aimez toujours... moi, je vous aime encore.
Si je l'aime I
LAURE
Devant votre mère, à présent, Parlez. Je viens d'avoir du- courage... ayez-en !
LUCIEN
Vous le voulez? Eh bien!...
MADAME DUBRBUJL.
Non, tais-toi... je t'en priel
A Laura.
Mademoiselle, vous que j'aurais tant chérie.