scène; vin
SAVENAYS, nUBREUIL.
8AVENAYS.
Dubreuil!
DUBREUIL
Lui-môme I Vous partez?
SAVENAYS.
Oui, j'allais...
DUBRKUIL.
Quand j'arrive!
Fi! — Je suis un ballon! une locomotive!
J'ai dévoré l'espace et brûlé le chemin!...
Je vous raconterai tous mes exploits demain.
— Je n'ai pris que le temps de faire ma toilette ; De les surprendre tous je me fais une fête.
Quelle affaire! Superbe! admirable, ma foi!
Vous avez, mon cher comte, eu plus d'esprit que moi.
— Quand je suis arrivé, tout était prôt d'avance; Ces messieurs m'ont forcé d'accepter la gérance; Vous êtes du conseil d'administration.
SAVKNAYS.
Moi!
DUBREUIL
Nous y gagnerons chacun un million ; Peut-être deux I
8AVENAT8.
Pardon... mais je ne puis admettre...
Dans tout cela mon nom ne devait pas paraître. Vous le savez... J'y liens!
DUBREUIL
Ici , bon t . . . mais là-bas I . . .
J'ai fait comme pour moi; ne vous en plaignez pas. L'affaire, au fond, pour eux ne sera pas mauvaise; Elle réussira, je crois... J'en suis bien aise. Nos nouveaux amis m'ont royalement traité ; On vante avec raison leur hospitalité!
J'ai vu bien des banquets, bien des repas de noce, Véry n'est rien auprès des Provençaux d'Ecosse! J'ai, depuis mon départ jusques à mon retour, Dîné, lunché, soupe, quatre ou cinq fois par jour. Hier, on a fini par un dtner féerique I Après mille hurras d'un goût très-britannique. J'ai vu l'heure où, forcé de répondre, j'allais Soutenir assez mal l'honneur du nom français. Assis au beau milieu de cette grande table, Devant ce que l'Ecosse a de plus respectable. Devant ces gentlemen qui, trinquant de bon cœur, Ne songeaient plus à rien qu'à boire en mon honneur ; Sur ce nouveau terrain, plus délicat peut-être. D'un certain embarras je n'ai pas été maître. Tous vos raisonnements qui me semblaient parfaits, Lorsqu'avant mon départ vous me les aviez faits.. . Là-bas, quand la fumée avait tourné les têtes, Me' paraissaient moins bons et presque moins honnêtes.. C'est absurde!... Ma peur n'a pas longtemps duré; Au moment où j'étais le plus mal inspiré,