‹ La Consigne est de ronfler, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 2 sur 26 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

TAVERNIER, seol, entrant mystérieusement par la droite, deuxième plan; il est en uniforme de petite tenue.

Seul !.. (il va écouter h la porto de gauche.) Ma femme Tait dtl crochet dans sa chambre... Lisons!... (it lit) * Mon gros canard, voilà dix ans que je ne t'ai vu... » (s’interrompant.) C’est pardieu vrai!... Je sortais de Saint-Cyr... Chère Florentine!... le démon le plus enivrant... une taille!... des yeux... tout autour de la têie !... et des cheveux blonds qui frisotaient tout seuls !... Ma femme est brune... elle est jolie... mais enfin elle a les cheveux noirs!... (il continue sa lecture.) « Voila dix ans que je ne t’ai vu... j’ai uue envie bêle de le sauter au cou... c’est aujourd’hui samedi, il y a bal à l’Opéra. Je serai à une heure sous l’horloge, en „ domino... Tu me paieras le perdreau des souvenirs. Ta loloche, Florenline. » Du bruit!... vite... fourrons ces pattes de mouche dans ma çaehette habituelle! (n glisse la lettre sous la buste.) Voilà à quoi me sert Socrate... (S’adressant au buste.) Pardonne-moi, mon vieux!... Je suis' marié... comme toi; ma femme est jalouse... comme la tienne... Tu connaissais, toi aussi, les embêtements du ménage!... Entre confrères, on peut bien se rendre un léger service, n’cst-ce pas?... tu veux bien? oui? merci, mon vieux 1 (U

embrasse la lmsie. Allant entr’ourrir doucement la porto do la chambre d’irma.) Fausse alerte I... Elle travaille toujours... Positivement elle a les cheveux trop noirs!... Comment Taire pour aller à l’Opéra?... Vous mo direz: * c’est bien facile; ta femme a sa chambre, tu as la tienne, tu es libre. » Eh! bien non... Quelquefois Irma enlr’ouvre celte porte, et me dit, de sa petite voixflûtée: * Mon ami dojs-tu? » Vous me direz : « tu dors.... ou lu fais semblant de dormir, et elle s’en va. » Je sais bien, mais... la tromper!... Satanée Florentine, va!... mes premières amours! Irai-je? n’irai-je pas? oh! ma foi, le Sort en décidera. (il lire do la monnaie et 1a secoue dans ses déni mains.) Si c’est pair, j’y vais; si c’est impair, je reste... (il remet l'argent dans sa poebe sans avoir compté.) C’est pair, j’en étais sûr!... Voyons, un moyen... Ah ! !... si je me brouillais avec Irma... une bonne querelle d’Allemand... ou une mauvaise!... C’est ça!... (Criant très-fort.) C'est insupportable 1... ma parole d’honneur, j’irai loger en garni I... on n’a pas idée de çal...

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