SCÈNE II
IRMA, te mettaDt à souffler le feu *.
Tiens!... le voilà qui flambe... mon petit Edmond, ne sois
E as méchant! Dis, veux-tu ne pas être méchant? On t’emrassera bien fort.
TAVERNIER, à part.
Faut chercher autre chose!... {Allant à ton bureau.) Qu’est-ce qui a rangé mes papiers? Tu as rangé mes papiers...
IRMA
Moi!... mais non.
TAVERNIER
Alors, si on range mes affaires, je. ne m’y reconnaîtrai plus!... non il est impossible d’être plus mal servi que moi... on veut ma mort!...
IRMA
Par exemple!
TAVERNIER
Ah ! ma chère, si vous aviez l’œil sur votre maison, les choses iraient mieuxl Mais non!... vous vous occupez de chiffons... de toilettes... que sais-je?...
Il remonte la scène.
IRMA, cessant de souffler.
Moi !
CHARLOTTE, à part.
Il paraît que le temps est à l’orage!
TAVERNIER, b Charlotte, brusquement.
Qu’est-ce que tu dis, toi ?
CHARLOTTE
Moi!... Je ne dis rien, monsieur !
TAVERNIER
Mais quoi!... Il faut plaire... il faut avoir son petit cercle d'adorateurs, sa meute de valseurs.de polkeurs et de jolis cœurs !... Il faut faire des conquêtes... (A part.) Ah! je tiens ma brouille. (Haut.) Celle de M. le baron de Rasemberg, ce petit secrétaire d'ambassadede je ne sais quelle cour d’Allemagne...
IRMA
Le baron!... ce monsieur qui m’a écrit ces déclarations si ridicules ?...
TAVERNIER
Oui, madame, lui-même!...
* TaTernier, Irma.
IRMA
Mais je ne le connais pas 1 je n'ai jamais vu ce jeune homme !... v •
TAVERNIER
Alors, madame, comment savez-vous que c’est un jeune homme L... ah!...
. IRMA, riant.
Dame J... je suppose... Je te jure que je ne le connais pas... Puis-je empêcher un fat de me trouver... à son gré? de m’écrire?... Je vous ai montré toutes ses lettres, ô mon doux maître !... mon cher seigneur l
Elle veut l’embrasser.
TAVERNIER, se dégageant.
Madame, un homme n’envoie pas à une femme des épitres incendiaires sans y avoir été autorisé préalablement par un regard, par un sourire, ’ijpilà mon opinion... ahl...
CHARLOTTE
Madame, la couverture de monsieur est faite*. ?
TAVERNIER
C’est bien... laissez-nous!
Charlotte soct.
IRMA
Vous disiez, monsieur?... Répétez, répétez donc !...
TAYERNLER. . .
Hél madame...
IRMA
Alors, je suis une coquette, n’est-ce pas?.. . c’est cela que vous voulez dire?...
TAVERNIÇR.
Oui, madame, une coquette!... une benoitonne!... Ah ! I ï
IRMA, farieuso
Une benoitonne?... moi!...
Oui, madame, vousl...
IRMA
Oh!... c’est une indignité !... je me révolte à la fin!... je rentre chez moi, monsieur, je m’y enferme... et je vous défends de me suivre. Entendez-vous ?
Elle remonte h sa chambre.
TAVERNIER
Parfaitement, madame....