‹ La consolation philiosophique de Boèce;Chapitre 21 sur 60 · TRADUCTIONS · texte numérisé non relu

TRADUCTIONS

“Plusieurs Dialogues de Platon ;

* Les Analytiques εἰ Aristote ;

* Les Topiques, du même ;

Les Arguments sophistiques, du même ;

L'Introduction aux Catégories, du mème, par Porphyre; “La Mécanique d Archimède ;

La Géométrie dEuclide (une partie seulement) ;

* L’'Astronomie de Ptolémée ;

* L'Arithmétique de Nicomaque ;

* Le Traité de Pythagore sur la Musique ;

ἱ COMMENTAIRES :

Sur l'Introduction, de Porphyre ;

Sur le Livre de l’Interprétation, d' Aristote ; Sur les Catégories, du même;

“Sur les Topiques, du même;

Sur les Topiques de Cicéron.

XLVI INTRODUCTION

n'invente pas, ilse souvient. D'ailleurs, c'est un livre à son usage qu'il compose, et il cherche moins à enseigner qu à se rendre compte; 1] jette les yeux sur sa vie présente au moment de la perdre, et s'inquiète de la vie future au moment d'y entrer, en sorte que cet ouvrage a le douloureux intérêt d'un testament. Exilé, proscrit, près de la mort, il recherche dans ses lectures antérieures, et résume toutes les vérités morales qui peuvent diminuer ses souffrances, relever son courage, et lui donner l'espoir d’un monde meilleur, où l’homme vertueux ne soit pas puni de sa vertu même. Or, dans cette revue des maîtres qui l'ont initié à la vérité morale et à la science philosophique, c'est Platon qui occupe toujours la place d'honneur, non pas, il est vrai, le Platon d’Athènes, mais celui d'Alexandrie, commenté, amplifié, défiguré souvent par la dialectique à outrance et le mysticisme aventureux de la nouvelle école. Nous n'irons pas loin dans le rapide examen que nous nous proposons de faire, sans avoir à noter cette tendance de Boëce à exagérer les idées du maitre.

Boèce parle beaucoup de Dieu dans son livre, parce que c'est à Dieu que tout se rapporte nécessairement dans le monde, parce que Dieu est le principe et la fin de toutes choses. Cependant, prend-il Dieu comme un être personnel, existant d’une existence qui lui soit propre, placé dans le monde, hors du monde, au-dessus du monde, et indépendant par essence des lois qui gouvernent la création? Oui et non. Selon lui, il existe un être tout-puissant et éternel, antérieur,

INTRODUCTION. XLVII

sinon à la matière, du moins à l'organisation de la matière; c'est cet être qui ἃ donné au monde sa forme visible et qui gouverne l'ensemble des choses par des lois fixes et immuables. Rien n'arrive sans qu’il l'ait permis et prévu; les hommes sont ses sujets; il a pour ministres les démons, et en première ligne, le Destin '. Voilà bien le Dieu personnel de Platon, l’Intelligence qui circule dans tout l’univers, qui l’anime et s'y mêle sans s’y absorber, l’Étre libre enfin, dont la volonté, bien qu'en harmonie constante avec les lois de la nature, est pourtant indépendante de ces lois, par la raison que c’est elle qui les ἃ faites.

Arrivé à cette conception de la nature de Dieu, Platon, craignant d’être pris de vertige s’il tentait de s'élever plus haut, s'était prudemment arrété οἱ avait prononcé, non sans regret peut-être, son fameux ἀνάγκη στῆναι. Plotin, Porphyre, Jamblique, Proclus, tous les Alexandrins, et Boëce à leur suite, ne craignirent pas de franchir la limite tracée par leur maître et de s’élancer dans les mystérieuses régions où s'éaient déjà perdus les Éléates. C'est ainsi que de hardiesse en hardiesse, d’abstraction en abstraction, ils arrivèrent à dépouiller l’Étre par excellence de tous les attributs qui lui sont communs avec le monde, et qu’ils en vinrent, par l'abus d'une dialectique mexorable, à l’enfermer dans le cercle étroit d’une majestueuse, mais stérile unité. Un Être privé de

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