ARTICLES DU TRAITE
On y voit les conditions de la paix à faire entre Tempereur et le roi d'Espagne , dont voici les principales :
i^ Le roi d'Espagne rendra la Sardaigne à Terapereur (Art i).
2^ L'empereur renoncera dans les meilleures formes à tous les Etats de la monarchie d'Espagne , cédés à Philippe V par la paix d'Utrecht , et le reconnaîtra pour légitime roi d'Espagne (Art. 2 et 3).
3** Philippe V, à son tour, renoncera aux provinces d'Italie et des Pays-Bas, adjugées a l'empereur soit par la paix d'Utrecht, soit par la quadruple alliance (Art. 4)»
4^ Gomme on prévoyait l'ouverture prochaine de la succession au grand-duché de Toscane et aux duchés de Parme et de Plaisance , par l'extinction des mâles de la maison de Médicis et de celle deFarnèse, qui en étaient alors pourvus, il est arrêté par l'art. 5 que ces duchés seront envisagés dorénavant comme fiefs mâles de l'empire , et que l'empereur en donnera l'expectative et l'investiture éventuelle à don Carlos , fils aîné du second lit de Philippe II avec Elisabeth Farnèse ; que dans le cas ^eù ce prince viendrait à
PIECES JUSTIFICATIVBS.
décéder sans héritier mâle , les mêmes duchés passeraient successivement à ses frères cadets, à condition néanmoins qu'ils ne pourraient jamais être possédés par un prince qui tiendrait en même tems la monarchie espagnole ; que le port de Livourne demeurerait à perpétuité un port franc , et que , pour mieux assurer la succession desdits duchés à l'infant don Carlos, on mettrait dès à présent six mille suisses en garnison dans les principales places , savoir : à Livourne, à Porto-Ferrajd , à Parme et Plaisance^ lesquels seraient payés et entretenus par les trois puissances contractantes et médiatrices.
5^ Philippe V renoncera à son droit de réversion sur la Sicile, établi par la paix d'Utrecht, et ce droit sera transféré sur la Sardaigne (Art. 6).
Telles étaient les conditions du traité à faire entre Tempereur et le roi d'Espagne. Celles du traité entre l'empereur et le duc de Savoie sont les suivantes :
i^ Que le duc de Savoie cédera la Sicile à l'empereur et renoncera à ses droits sur ce royaume , la cession de la Sicile au duc de Savoie ayant été une des principales raisons qui avait empêché l'empereur d'accéder à la paix d'Utrecht (Art. x).
984 PIBCBS JUSTIFICATIVE^.
%*^ L'^iop^reur cédera au duc da Savoie U Sfitrdaigne dan$ le même état qu*il Faura reçue du roi d'Espagne, et avec tous les honneurs d€i b royauté, sauf cependant la réversion de çe^e île à la couronne d'Espagne , au défaut de des<^ oendan^ mâles de la maison de Savoir (Art, 2)*
3^ L empereur confirmera au duc de Savoie toutes le$ cessions qui lui ont été faites par le traité de Turin de 1703, De mêm^ le droit de succession du duc de Savoie à la couronne d'Espagne, lors de réduction des desçendans de Philippe Y, est confirmé à condition que, le cas échéant , les États d'Iulie du duc de Savoie passeront à un cadet de sa maison , sans pouvoir être réunis à la monarchie d'Espagne (Art. 3).
Ces articles sont suivis d'une alliance entre Tempereur, la France et F Angleterre, par laquelle le$ traités d'Utrecht et de Bade, ainsi que celui de la triple alliance, sont renouvelés. Les puissances contractantes se garantissent mu*tuellement leurs États ; elles garantissent de même la succession de France telle qu elle a été réglée par le traité d'Utrecht, et celle de la Grande*3retagne conformément aux lois du royaume. Elles conviennent çntre elles des secours qu'elles se donneront réciproquement en cas dattaque.
PlÈCSft IVSTIFIGATIVES. sSS
Par des articles séparés, on fixe au foi d'Espagne et au duc de Savoie le terme de trois mois pour déclarer s'ils veulent accepter ks conditions proposées; sinon, les puissances contractantes joindront leurs forces pour les y oblige*, et ne poseront les armes que l'empereur ne soit mis en possession de la Sicile.
Le doc de Savoie souscrivit bien malgré lui âu traité de la quadruple alliance. La diffélCence prodigieuse qu'il y avait entre la Sicile et la Sardaigné, ne pouvait que lui donner de l'éloignement pour cet échange ; mais enfin il fallut plier sous la loi du plus fort. L'accession de ce prince au traité de la quadruple alliance est du m novembre lytS.
Le roi d'Espagne se mçntra moins docile:
son ministre^ le cardinal Albéroni, lui représentait le projet de la quadruple alliance comme attentatoire à* sa dignité, en ce qu'on semblait vouloir lui donner la loi, en le forçant avec su- ^jérîorité et avec hauteur de l'accepter. Le roi •d'Espagne s'étant donc roîdi contre la quadruple alliance , la France et T Angleterre finirent par lui déclarer la guerre.
La (lotte anglaise^ sous les ordres de l'amiral Bing, attaqua le 1 1 août 17 1 8 la (lotte espagnole, et la défit entièrement sur les côtes de la Sicile.
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Les Espagnols y perdirent 23 vaisseaux , S^Soo hommes d équipage, et 728 pièces de canon.
En 17 19, les Français, sous les ordres du duc de Berwick , entrèrent dans la NavaiTC , et prirent Fontarabie le 18 juin, et St*Sébastien le 17 août : toute la province de Guipuscoa se soumit à eux. Us attaquèrent ensuite la Catalogne. Les Anglais firent une invasion dans la Galice, et se rendirent maîtres du poit de Vigo, le 21 octobre.
Des démarches aussi vigoureuses ébranlèrent la fermeté du roi Philippe Y. Il prit enfin le parti de signer, le 26 janvier 1720, la quadruple alliance et d*éloigner de sa cour le cardinal Âlbéroni. Ce ministre disgracié se retira en Italie, où il mourut en 1762 dans un âge fort avancé.
La quadruple alliance fut alors confirmée de nouveau par une ratification générale de toutes les parties contractantes, et signée à La Haye, le 17 février 1720,
Les Espagnols évacuèrent la Sicile et la Sardaigne, l'empereur prit possession de la Sicile, et le duc de Savoie de la Sardaigne.
(KOGH.)
PIÈCES lUSTIFICATITES. ^87
BXTRAIT DES INTRIGUES DE li'ABBÉ LE CAMUS ET DE LA PRÉTENDUE COMTESSE CHATIGNY.
Uabhê Le Camus est un capucin défroqué attaché à la duchesse du Maine, depuis quelle l'employa à travailler aux mémoires contre les princes du sang.
Madame Dupujr, veuve d'un aide-major d'Amiens, envoyée par Le Camus, sous le nom de la femme d'un riche libraire d'Anvers^ à l'abbé de Vayrac pour l'engager à écrire contre le régent.
Mademoiselle Delaunay (bien connue). Elle a pris différens rendez-vous avec la Dupuy, une comtesse de Chavigny et Le Camus, pour concerter les moyens à prendre pour déterminer de Vayrac à servir leurs desseins.
D^AifrancheSy valet de chambre de la duchesse. C'est celui qui joua le rôle du prince de Listhnay.
DespapotSy valet de pied de la duchesse. Elle st servit de lui pour donner des rendez-vous à la Dupuy.
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Dunel, fils du maître du jeu de paume de XEgout de la rue dé Seine , chez lequel Le Camus demeurait, et qui l'envoya plusieurs fois chez de Yayrac sous le nom du valet de chambre du prétendu prince de Listhnay.
La oonUessB de Chavignj^ femme de condîrtion, très-pauvre. Chez elle se réunissaient mademoiselle Delaunay, madame Dupùy et Le Camus, pour arrêter les mesures les plus propres à gagner de Vayrac.
Luxeriy libraire, rue St-EUenne-des-6rés; il fut chargé par Le Camus d'introduire la Dupuy xjfaez Tabbé de Yayrac* La Dupuy se présenta ^hea Tabbé comme chez un homme connu par diters écrits datis la république des lettres.
Diverses lettres furent écrites , divers rendezvous furent assignés par ces différens ageas pour nouer cette intrigue.
Enfin la Dupuy office beaucoup d'argent à l'abbé pour écrire contre le régent.
De Yayrac voit d'où le coup part. Il instruit k régent. La Dupuy, voyant que raU)é temporisait, Uû découvre qu'elle vient de la part de la diêehesse^ qui promet de lui faire de grands biens 4'il voulait seconder soAressealâmeift^ DeYayrat feint «fil ^acier déyouement pour se rendre maître d'une lettre de Le Camus qui prouvait
PIÈGES ivSTIVlCJLttVlLÈ, ^^89
le complot. Mais comme des cohtèreiice^ ftireilt multipliées sans résultat, là duchesse, ihipatiénte d avoir un libelle écrft delà main dfe Vayrac, lui expédia le prince de Listhnay, Flamand de nation à ce qu'il disait. Ce prince postiche proposa assez grossièrement à l'abbé de travailler sur trois articles de la lettre de Le Camus, et liiî promit une grosse récompense. ' ''
Re Vayrac instruit eiidôrè le régerit'. Le prince lui ' donne FôWre iJ'amùser M. de Listhnay, et dé letigagér ' i conéluré cette àflfàîre. Pour icela, Listhnay fit pfoposfer ùri s'6ii^èr dàris linè hiaïsdri paiticiilièrè': mais çommb l'abbé' avait encouru la ' disgrâce de là d'n'cfaesàe eii écrtVaht éoritrè leà ' princes légitittii^^,otidi*ar^ît ^6uv lui lé risqué de s'è t^ôiivei' de tiùii af ec dés gehà de cette princesse. ' ' ' ' / ' • ' i'
Le règetit, étaïit dans Tîntéfatiôn de faille nietfi*e'la main' siit*' lé prince.de List'hnay,* fit dire à Vayrac de 'tâcher «de l'attirer chez lui.
Une partie fut arrêtée entre de Vayrac, Listhnay et Le Camus. Le régent enyoya, deux personnes de confiance pour écouter ce qui serait dit et fait. Mais le souper manqua : Le Camus n'osa pas venif chez de Vayrac dans la crainted'être reconnu. Listhnay vint seul ; il réitéra ses propositions : mais comme c'était Le Camus qui
394 FISCES JUATIVICATIVES.
« mati^ : c'^H< rassemblée des étsts-^gënéraux , .« qui cerrainement ne furent jamais sî néces- « saires à la France qu*iU le sont'ai]^ourd*huL « Nous nous adressons à tous pour procurer s^ « conservation, préféi^nt cette voix paisible et « tranquille à toutes les autres auxquelles nous « serions obligé de recourir, si Fautorité du ré- « gent nous faisoit refuser cette justice*
« SouTenez-Yoi|s donc en cette occasion que iH vous .êtes cet illustre parlement que les rois « ont pris plusieurs fob pour arbitre, qui n'a « jamais rien appréhendé, quand il a fallu tra^ « vailler pour TÉtaty et qui doni^e tou9 le^s jours « des marques d'une fermeté si. digne de sa ré: « putatipn. Npt^ attendons tout de yotre équité « naturelle e% du zèle que vous avez pour votre « patrie. Sur ce, nous prions Dieu qu'il vpus.ait, <très-chers et bien aimez, en sa sainte et digne «^ garde. Donné au monastère royal de Saint- « Laurent» le quatre septembre 17x8.
^ « Signé Philippe. »
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