CHAPITRE VII
depuis le Danube jusqu'au Tage, qui couvrait ntaUe et donnait des lois à un autre monde, fut ramenée dans de justes bornes.
En cela, Louis XIY eut une grande pensée lorsqu'il établit Philippe V sur le trône d'Espagne. Mais le traité dlJtrecht n'a été qu'une halte , il n'a fait que suspendre la lutte sanglante élevée par la succession de Charles 11^ si les deux souverains qui se sont partagé cette royale dépouille ont posé les armes, ils étaient sans cesse à la veille de les reprendre et d'allumer encore une fois une
guerre générale en Europe. J'ai dû chercher à prévenir ce nouveau choc ; il fallait déterminer l'empereur à faire pour l'Espagne une rienonciation non moins solennelle que celle de Philippe V : l'empereur y con-
a8 LE PALAISp-ROTAL.
«eut; l'Angleterre iioas prête son appui ^ la HoUande reste fidèle aux engagemens de la tnple alliance, et j'avais lieu d'espérer l'adhésion de Sa Maje^é Catholique. J'ai tout tenté pour éclairer sa religion trompée par son ministre ; j'ai envoyé tour à toor à BEadnd et le marquiâ de LouviUe, et le duc de Saint^Aignan, ^t le marquis de ]!ïaiK^é :
mais vous connaissez l'insolente réponse 4'Albéroni (i) : c'est lui, c'est ce prêtre ambitieux qui immole les intérêts de son mai* tr^ k son e:Kt;ravi^ance ; il vi(4e les traités y
(i) « Nous aypBs %Q\il fait pour repnet^re 1^ ragei^t dans le chemin de la justice , et Dieu sait ma peine à contenir la juste indignation du roi d*Espagne. Je suis las de parler modération : LL. MM. CC. oommencent à s*enQuyer de cette chanson.»
il veut prédpiter FEdirope dans une nouvelle guerre : s'il faut la faire, ce n'est pag moi qui refuserai le combat; Je sslis trop que èe que ïotx pardonne le iBoins en France^ c'est la faiblesse et la pear; mai^ du moin$>! j'aurai £aii tout ce qui était en moi pour maintenir la paix ; vous allet en juger you»^mémes. lisel, marquis de k Vrillière; et vous, messieurs 5* dites francbement vètre avis : vous savez tout le pHt que j'attadie à vos lumières et à votre siticérité; »
Le marquis de k Vrillière^ secrétaire dti coQâeftl, lut le projet du traité (i).
(i) Voir aux pièces justificatives du chapitre VII rhistoire du traite de la quadruple alliance , signé à Londres îe îi avril 1718.
3o LE PALAIS-ROTAL.
Alors Yillars prenant le premier la pa rôle:
« Votre Altesse Royale est accoutumée à ma franchise , et je ne puis m'empecher de remarquer d'abord que tout dans ce traité est contre l'Espagne et en faveur de l'empereur : cependant ne nous trompons pas sur les vues de ce monarque : Penterrièder, le "plus habile de ses ministres , affligé de notre alliance avec l'Angleterre^ n'a pas quitté le roi George pendant son séjour à Hanovre , et il ne cessait de lui répéter que rien n'était plus assorti au goût de la nation anglaise qu'une guerre contre la France. Le roi d'Angleterre se rencontrerait parfaitement, dans ce dessein , avec l'empereur, qui n'attend peut-être que l'oc-