LA. COURTISANE
Dans l'antiquité, les courtisanes jouissaient de la plus haute considération; c'est pour elles qu'Alcibiade disputait les prix des jeux olympiques ; Aspasie séduisit Socraté, maîtrisa Périclès et donna des lois à Athènes; Laïs apprivoisa la philosophie d'Aristippe , efFraya l'avarice de Démosthène , fit
les délices de Corinthe , et la Grèce lui éleva des monumens. Phryné inspira le ciseau de Praxitèle y offrit de faire rebâtir la ville de Thèbes à ses frais , et sa statue j placée dans le temple de Delphes j parmi les images des
manière dont cette conspiration fut découverte; mais après avoir consulté tous les mémoires du temps et Duclos et Votaire , j'ai adopté cette version comme la plus authentique.
GHAPXTRE^ VIII. 93
dieux et. des rois, fut adorée comme la déesse de la beauté.
Nos premiers rois n'avaient pas hérité de la galanterie des Grecs ; ils ne considéré* rept, à bon droit, les courtisanes que comme la honte du célibat, ou comme un fléau nécessaire. Charlemagne essaya de les bannir ; il les condamna au fouet ; et , par une disposition bizarre, ordonna que ceux chez qui on les aurait surprises , les porteraient sur leurs épaules jusqu'au lieu . de l'exécution ( i ). Saint Louis les parqua dans .la Cité, et inscrivit leur honte sur leurs ceintures (a). L'amant d'Agnès Sorel eut
(i) Capitulaires de Charlemagne.
(a) La reioe Marguerite , femme de saint Louis ,