‹ La conspiration de Cellamare; épisode de la RégenceChapitre 53 sur 121 · CHAPITRE I}Ç · texte numérisé non relu

CHAPITRE I}Ç

r«)p^ra.

Le cardinal de Richelieu avait fait construire dans Taile droite de son palais une vaste salle «réservée, dit Sauvai (i), pour

(i) Antiquités de Paris.

1 24 l'oPSAA.

les comédies de pompe et de parade, où la magnificence et la variété des décorations attiraient Leurs Majestés et la cour. » C'est là que, devant un parterre de flatteurs, le ministre - poète faisait représenter sa Mirame (i), que dans son orgueil il plaçait bien au-dessus du Cid; c'est là que plus tard, l'auteur du Misantrope joua ses chefsd'œuvre(2). Après sa mort, on y représenta les tragédies en musique, nommées

(i) Desmarets , un des premiers membres de l'Academie française, prit sous son nom cette tragi-comédie et en signa là dédicace au roi Louis XIII. Mais le cardinal de Richelieu aimait à s'en laisser croire Tauteur, et en récitait les vers avec une complaisance toute paternelle.

CHA.PITRE TX. ia5

depuis oper^ (i), et nos aïeux allaient y applaudir les pastorales de Quinaultj la nmsique de LuUi, la danse de la Camargot et les dieux de l'Olympe en perruque à la Louis .XIV.

Ce n'était pas là les seules distractions que leur offrît le théâtre du Palais-Royal.

Il était réservé à la régence de créer tout ce qui pouvait favoriser les plaisirs et la galanterie; et vous, jeunes femmes, qui dans les nuits d'hiver, déguisant vos traits^ et votre voix, allez sous le masque et le domino tourmenter un jaloux ou vous venger d'un infidèle, vous ne savez peut-être pas à qui vous devez les bals masqués de

1^6 l'opbra.

ropéra ? Cest au prince d'Auvergne ; c'est lui qui inventa la machine qui couvre l'orchestre et met le théâtre et le parterre au même niveau; et vous apprendrez sans doute avec plaisir que le régent, pour le récompenser, lui accorda une pension de six mille livres.

Le régent aimait beaucoup l'Opéra, et rien ne lui était plus agréable que de pouvoir y aller de plain-pied de ses appartemens , comme on va aujourd'hui des salons du Palais*Royal au Théâtre-Français. 11 venait de passer au bal, lorsque Dubois, muni des pièces saisies sur Porto-Carrero , se présenta à la porte de son cabinet. Dans son impatience , l'abbé prend lui-même un domino et se rend à l'Opéra.

CHAPITRK IX. li

' La foule s^écartaitàvèè respect d'un manque qui était asâailli par trois autres; il reconnaît le régent , il Tabôrde, deinande à lui parler seul et murmure à son oreille les lioms de Porto-Càrrtero , de Crflainarè et tfÀlbéroni; mais le prince liii répond ep riant, comme le tyran <îe l!hèbes(i) : <c A demain les affaires ! » Dubois insistait. « Tiens, l'abbé, reprend le récent, diè-înoî pliftôt quels sont les trois ttiasques qui mefontlaguei^re? — Votre Altesse serait bien în'grate si elle

ne reconna^ait pas son petit corbeau noir (2) et son tyran (3). Quant au 4omino

(1) Archfjs (Plutarqae: Vlé déï>é!opidas).

(a) Surnoril de la comtesse de Parabère, qui avait la peau très-brune.

(3) Sobriquet donné à la duchesse de Falaris, à

j a8 . l'opiêba.

blanc 9 j'ai beau chercher.... — C'est la d'Averne ! — La petite femme du lieutenant aux gardes ? — Oui. — Eh bien ! monseigneur, armez-vous du rameau d'or , et rappelez-vous le vers de Virgile : « Facilis descensus Averni ! » Et Dubois se perdit dans la foule, et sortit du bal pour aller rêver aux intrigues de Cellamare, tandis que le régent invitait gaîment les trois dominos à venir souper au Palais-Royal.

La comtesse de Parabère , petite , mais svelte et gracieuse, avait le teint, les yeux.

cause de son nom qui rappelait le tyran de l'antiquité. Cest cette duchesse qui se trouvait dans le cabinet du régent, quand ce prince, auquel elle faisait une lecture, tomba mort d'apoplexie, le a décembre 1723.

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