CHAPITRE IX
BRAirCAS.
Après l'opéra, il attendait la DeliUe (i) dans sa voiture ; elle ne paraît pas; il descend, on lui apprend qu'elle vient d'aller avec un mousquetaire au café de la rue de Richelieu. Il fait assiéger le café, par le guet, on n'ouvre pas ; il montre son cordon bleu, et il entre par le jardin du Palais-Royal :
la danseuse avait disparu. Il court chez elle, rue Traversine, la trouve seule ^ et, dans sa fiireur, jl'acçable de soufflets et d'injures»;; elle se dit mourante et tombe évanouie; il. sort et se donne, en pas3axit dans l'antichambre, le. plaisir de rompre
(i) Dao^uâe de l'Opéra^ -maîtresse : du- comtof de Charolois. «
i54 l'opéra.
les os à deux grands laquais qu'il croyait complices de son infidélité.
CkUflLLAC.
Et la pauvre Delille , qu'cst-elle deveniie ?
BRAirCAS.
Elle était si malade , si morte , que le lendemain elle a paru dans le ballet d'Eurydice , plus légère et plus vive que jamais.
LE RiÊGEirr. ^
Quelle figure faisait Gharolois ?
BRAirCAS.
Indigné d'avoir été sa dupe , il me disait :
« Je lui ai pourtant donné un carrosse magnifique^ des meubles de Boule (i), des
(i) Célèbre tapissier qui meubla le^ palais de Louis XIV. Ses meubles y d'un travail admirable, sont redeTenus à la mode.