LA FARE
M'abandonnant à la tristesse^ Sans espérance y sans désirs, Je regrettais les sensibles plaisirs Dont la douceur enchanta ma jeunesse.
« Sont-ib perdus , disais-je , sans retour ?
« £t n*es-tu pas cruel y Amour, « Toi que je fis dès mon enfance «t Le maître de mes plus beaux jours ^ «i D'en laisser terminer le cours « 'Par l'ennuyeuse indi£Férence? »
Alors j*aperçus dans les airs L'enfant maître de l'univers Qui, plein d'une joie inhumaine.
Me dit en souriant : « Tyrsis , ne te plains plu».
Je vais mettre fin à ta peine , Je te promets un regard de Caylus ! »
(i) Allusion à l'opéra de Panthée, dont La Fare fit les paroles, et le régent la musique.
1 6a LopÉRi.. .
BROGXIE.
Ces vers sont charmans^. mais, ils sont furieusement honnêtes !
woci. .
S'il te faut du scandale , dis à Ravanne de nous conter le duel dont il a été témoin.
LE HÉGENT.
Ce drôle se trouve dans toutes les bonnes fêtes.
Je me promenais avec ma sœur au bois de Boulogne : nous apercevons deux dames qui s'arrêtent à dix pas l'une de l'autre, ayant chacune un pistolet à la main. Je regarde avec ma lorgnette, et je reconnais, qui? la marquise de Nesle et madame de Polignac.
CHA.PITBC IX. l6f
BKISSAG.
Vraiment!
RAVJUnSTE.
Nous entendons deux coups de feu^ la marquise de Nesle tombe, et nous accourons. Madame de Polig^nac y fîère de sa victoire, disait à son adversaire en rejoignant son carrosses « Va, je t'apprencfrai à vouloir « aller sur les brisées d'une femme telle que <rmoi. Ah! si je tenais le perfide, je lui « mangerais le cœur après lui avoir brûlé a la cervelle. »
irocé.
Ce sexe est plein de douceur et d'humanité !
HAVAiriTE.
Je me hâtai de secourir lia blessée; sa n. XI
j6a l'opjéaa*
poitrine était couverte de sang, et je crus qu'elle y avait reçu le coup...
BROGLIJS,
Ou tu feignis de le croire ?
RAVAirirB*
Je m'aperçus bientôt que ce sang venait de l'épaule, qui avait été légèrement effleu** rée. « Courage, lui dis-je, madame; ce n'est qu'une égratignure. j» « J'en rends grâces au ciel y s'écria-t-elle , je pourrai donc encore me battra avec ma rivale ! » Ces paroles nous firent comprendre qu'il s'agissait d'un cavalier; et ma soeur .lui demanda si son amant du moins en valait la peine. — Oui, oui, madame; il est même digne qu'on ré.
pande pour lui un plus beau sang que le mien. — Et quel est le nom de cet beu-
CHAt»iTîiÉ Ix. ro3
reaic molrtél ? ^ Je vous tà tt^ cTébligatloti pour vdui te câehéf : ifest fe due dé Richelieu, te fili$ aidé dé Mârft et de Vétim !
LÉ âÉëfivrf. Oh! pour, te côupi, tu veuiL briller y mouton &R Ghampaghe!
rAyankê.
Non^ mdnâèiglieur ^ je n'ajoute pas um syllabe^
Si elte se taAt te chaiiipion de là Mélilé de Ricbèlieu y elte raùr t Ms^e d'idler tdué» les j(^Ut^ au bok de Boute^iiei
LE REGENT, que le nom de Richeliéi tift^Mtitiiàih
Messieurs , la nuit s'avance , il est tems
de se retirer : Buvons une dernière fois
aux trois déesses ! »
îi.
f64 L'oPiRA.
Brissac but à Junon^ Canillac à Minerve, Noce à Yénus y et un regard du régent apprit à madame d'Aveme que c'était à ' elle que Paris réservait la pomme.
Le lendemain, à peine le régent était-il éveillé, que Dubois entra dans sa chambre :
« C'est toi , l'abbé ! déjà ? quelle mouche te pique ? Sais-tu que tu as été fort maussade de ne pas venir souper avçc nous ? Au* sur»
plus , pends-toi, nous avons ri et tu n'y étais pas ! Ce qui m'a surtout amusé , c'est la jalousie de la Parabère ; elle déteste la d'Averne , et la d'Aveme ne peut la souflWr : xî'est délicieux !
DUBOIS
Il s'agit bien de rire et de s'amuser.