LA. REINE
TTen doutez pas : le régent vous l'a écrit :
c'est à Albéroni , c'est à lui seul que la
France fait la guerre, et il vous faut choi-
sir entre vôtre trône et lui. Mais s'il fcut
tout vous dire , savez-vous que Laura n*e»t II. i6
pas la sente à qai il ait parlé d^aivenip ? Moi*^ même et sans pitié ne m'a-t-il pas hissé entreroir le plus affreux des malbeurs ! Ifa^t-il pas osé croire me fiatt^ par ta perspeetrre d\ine régence prématurée , moi , eompie si je pouvais aimer un pouvoir que je ne tien*drais pas dfe yos mains y comme si kf trône avait pour moi d'autres charmes que celui de le partager avec vous ? Ah ! mon ami , mon roi j n'hésiteas doncplus k élioigner de nous celui qui a voulu nous désunin L'Eisa rope nous applaudira; ki paix nous rendra le bonheur, et croyezHnoi, il est assez beau èe rester le maître des £fi^>agnes et des Indes. »
Ce eonsetl^ dteté tout à la fois par la peur et fet raison, fit impression sur Philippe V;
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it Faœueittit j en roi qui voulait obtenir k paix k tont prix *, et en esclave heurenj^ de voir hroer sei fet%. L'exil d'Albéroni fut pvoiioBcé, et un ordre signé du roi lui enjoignit de quitter l'Espagne. Étourdi de cette rigueur inattenduje , il voulut voir Phi^ iq^ T r il savait tout ce que i'hâl>itudey ta préseo^ce^ le son d'une voix qui a long* tems con^mandéy peuvent avoir d'empire sur une âme Êtihle ; mais les porter du por lai$ qui s\>«i?vraieBt d'eUies-^iméflues deva^A sa toute-puissanee , se fermèrent impitoyaMer ment devant sa (fisgrâee. Il espéra qu'une femme dont il avait flatté les ambitieux caprices, serait plus sensible à sa prière; il écrivit à la reine , mais sa lettre resta oubliée sur la toilette d'Élisabetb, qui n'w
brisa pas même le cachet. Semblable à l'excommiunié qui, dans. les tSias de superstition, était retranché da commerce des.hommes comme un fléau vivant, il vit s'enfuir à son approche et ces flots de peuple qui se pressaient la veille sur son passage, et ce troupeau de courtisans' qui ne bondissent qu'autouc de la' faveur. Quelques domestiques, et les plus pauvres, lui. de^ meurèrent seuls fidèles, et c'est avec ce misérable cortège que tantôt poursuivi par des soldats qui lui enlevèrent ses papiers (i), tantôt obligé de forcer, les armes à la main,
(i) Parmi ces papiers se trouvait le testament de Philippe V , par lequel ce monarque , décidé à se retirer à Saint-Ildefonse , nommait la reine régente, «t Albéroni chef du conseil.