CHAPITRE VII
LE RÉGENT
Vieux coquin, je t'entends! Mais tu as donc le secret d'ensorceler tous les souverains? Le czar lui-même ne m'a-t-il pas fait ton éloge ? il regrettait de n'avoir pas un ami tel que toi pour remplacer son pauvre Lefort (1).
DUROIS.
C'est que le czar avait de bonnes maximes : «Ce ne sont pas les rois, disait-il, qui font les grands ministres , mais les ministres qui font les grands rois. » Vous vous rappelez son admiration pour Richelieu !
(1) Le czar, à Paris, disait au régent : « Je vous félicite d'avoir pour ami le négociateur de la triple alliance ; » et à Dubois : « Je voudrais avoir des hommes de votre trempe à employer. »
LE RÉGENT
Ah ! mon drôle ! nous y voilà ! et , pour-
commencer la ressemblance avec ce cardinal, tu me fais demander un archevêché par le roi d'Angleterre (i). Mais vous êtes donc fous tous les deux!
DUBOIS
Pourquoi donc, Monseigneur ? Un jour, à Londres, j'ai rêvé que j'étais archevêque...
LE RÉGENT
Tu fais des rêves bien ridicules.
(i) Néricault Destouche, secrétaire d'ambassade à Londres , rédigea à ce sujet une lettre des plus pressantes, sous l'inspiration de Dubois, qui eut assez de crédit sur l'esprit du roi d'Angleterre pour la lui faire signer.