CHAPITRE IX. I
donc à monseigneur; le poète ne doit pas avoir de secrets pour le musicien (1).
LA FARE
M'abandonnant à la tristesse, Sans espérance, sans désirs, Je regrettais les sensibles plaisirs Dont la douceur enchanta ma jeunesse.
« Sont-ils perdus , disais-je , sans retour ? « Et n'es-tu pas cruel , Amour, « Toi que je fis dès mon enfance « Le maître de mes plus beaux jours, « D'en laisser terminer le cours « Par l'ennuyeuse indifférence? » .
Alors j'aperçus dans les airs L'enfant maître de l'univers Qui, plein d'une joie inhumaine, Me dit en souriant : « Tyrsis , ne te plains plus , Je vais mettre fin à ta peine , Je te promets un regard de Caylus ! »
(1) Allusion à l'opéra de Panthée, dont La Fare fit les paroles, et le régent la musique.
1 6o l'opéra.
BROGLIE
Ces vers sont charmans, mais ils sont furieusement honnêtes !
NOCE
S'il te faut du scandale , dis à Ravanne de nous conter le duel dont il a été témoin.
LE RÉGENT
Ce drôle se trouve dans toutes les bonnes fêtes.
RA.VANNE
Je me promenais avec ma sœur au bois de Boulogne : nous apercevons deux dames qui s'arrêtent à dix pas l'une de l'autre, ayant chacune un pistolet à la main. Je regarde avec ma lorgnette, et je reconnais, qui? la marquise de Nesle et madame de Polignac.