‹ La Conspiration de CellamareChapitre 93 sur 166 · CHAPITRE IX. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. l

LE RÉGENT

Je crois que tu détestes le plaisir, parce que tu ne peux plus lui faire honneur.

DUROIS.

Il y a tems pour tout , monseigneur ; et je vous le demande, lorsque l'on conspire contre vous, lorsque vos jours et le repos de la France sont en danger, est-ce le moment de vous occuper de ces soins frivoles ?

LE RÉGENT

Le repos de la France , dis-tu ?

DUROIS.

Oui, monseigneur; vous avez dédaigné mes avis, vous m'avez traité de rêveur;, vous en croirez peut-être mieux les documens officiels que le prince de Cellamare adressait au cardinal Albéroni.

LOPERA.

LE REGENT

Donne : qui les portait ?

DUBOIS

L'abbé Porto-Car rero.

LE RÉGENT

Et tu les as fait saisir ?

DUBOIS

Le salut de l'État m'en faisait un devoir.

LE RÉGENT

Que vois-je ? un manifeste contre mon gouvernement ( i ) !

DUBOIS

Qui ne tend rien moins qu'à exciter la guerre civile dans le royaume.

(i) Ce manifeste se trouve aux pièces justificatives du chapitre de l'Arsenal, au Ier volume.

Page 1