‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 28 sur 75 · ANTON, « DANNON ». PITT ET M. J. HOLLAND ROSE · texte numérisé non relu

ANTON, « DANNON ». PITT ET M. J. HOLLAND ROSE

{olland Rose estun historien bien pensant, I y en a tant dans les Universités anglaises, restées des corps aristocratiques et ecclés, encore imbus de l'esprit du Moyen-Age.

avant tout à la gloire de l'Angleterre

eux grands ouvrages qu'il vient de faire surlesecondPitt.', très dignes d'attention spar leur documentation enpartieinédite, ent des pages curieuses qui naontrentjuseut aller chez un historien, cependant aux méthodes scientifiques, le respect a des légendes et le désir de préserver atteinte les grandes réputations.

] étude a d'abord pBru dana les Annalet révolalioa~

iam Pitt and National Beoiiial. London,G. Bell, igti. 'iti aad thé great War. igi3-

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L'idée que Pitt et Grenville auraient pu, par leur intervention, préserver la vie de Louis XVI lui est insupportable. II consacre un long développement à réfuter ceux qui ont « calomnié » à ce sujet les deux grands ministres, objet de son admiration.

Le célèbre prince de la paix, Manuel Godoy, premier ministre d'Espagne, a raconté dans ses Mémoires les efforts qu'il fit pour sauver le roi de France quand il prit le pouvoir*. Il ne se borna pas, dit-il, à intervenir auprès du gouvernement français, à lui offrir un traité de neutralité en échange de la vie du roi, à répandre de l'argent parmi les conventionnels, il s'adressa aussi au gouvernement anglais pour lui demander d'appuyer ses démarches : « Notre ambassadeur à Londres reçut l'autorisation d'employer avec réserve et prudence tous les moyens qu'il estimerait efficaces auprès des membres influens des deux Chambres du Parlement d'Angleterre... M. Pitt refusa obstinément de concourir avec nous à cet acte d'humanité. Il est juste de dire que plusieurs Anglais cherchèrent à émouvoir le cœur de cet homme inexorable. Fox, Shéridan, Grey, Landsdowne et d'autres dignes membres du Parlement y perdirent leur éloquence. Pitt demeura insensible ».

I . Mémoires du prince de la Paix, dom Manuel Godoy, traduit par J.-G. d'EsMéNARD. Paris, Ladvocat, i836, t. I, pp. 54-79»

raa ÉTUDES BOBESPIERBISTES

Cette alGrmatîon de Godoy, qui concorde avec les Mémoires de Théodore Lameth, a eu le e mettre en colère M, J. Hollaod Rose. Il ! cette « cruelle et gratuite calomnie », et il ïue « au désir envieux formé par un politicien dite d'abaisser un grand nom pour le mettre 'eau du sien ». II a examiné les archives du ^-Office pour les mois de décembre 1792 et ivier 1793, et il n'y a pas découvert que le i d'affaires d'Angleterre à Madrid Jackson ait éàsongouvernementaucune demande d'aide iaire ni diplomatique pour sauver Louis. Du i des documents anglais, il conclut que Godoj ti. Hélas ! BOUS savons trop comhien les es diplomatiques sont incomplètes et sujettes on pour induire de pareilles conclusions de lence. Le représentant de l'Espagne a fort ucauseravecPittsansque celui-ci ait éprouvé oin de coucher par écrit sa conversation, longtemps que nous ignorerons les rapports que le chargé d'affaires d'Espagne adressait odres et les instructions qu'il recevait de i, nous ferons prudemment de nous en tenir Irmations de Godoy, que rien ne dément et en des sources confirment. Il n'est pas étonjelesarchivesdiplomatiques anglaises soient isquand l'affaire fut traitée verbalement par le lème du duc d'Alcudia, qui vint à Londres au de décembre 1792. Le i3 décembre 1792, crivait en effet à Lebrun : a Le frère du duc

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d'Alcudia (Godoï) est arrivé ici samedi dernier et, dans la nuit suivante, un courrier a été expédié à M. Jackson, ministre d'Angleterre en Çspagne*. » Ce n'est pas seulement Talon et Noël, émissaires probables de Danton, qui essayèrent d'intéresser le gouvernement anglais au procès du roi. Quand M. Holland Rose traite de tentative de pure escroquerie (« merely an affair of bribery ») la démarche de Noël auprès de Miles, j'applaudis à cette expression sévère, mais justifiée. Pitt et Miles avaient mille raisons de se défier de Danton, de Noël et de Talon. Mais M. Holland Rose sait bien que lès anciens monarchiens réfugiés à Londres, Malouet, Lally-Tollendal et leurs amis, intervinrent eux aussi auprès du gouvernement britannique. Il a retrouvé au Foreign-OfGce le mémoire qu'ils adressèrent à Grenville, le 7 décembre 1792, pour lui demander de publier une déclaration par laquelle le roi Georges III affirmerait l'intérêt qu'il portait à la vie de Louis XVI et sa résolution de refuser tout asile en Angleterre aux régicides. Cette déclaration ne fut jamais faite, preuve que Pitt se refusa bien à toute intervention quelconque. Faute sans doute d'avoir consulté les Mémoires de Malouet, M. Rose semble ignorer que Grenville se montra ici moins intransigeant que Pitt, puisque Malouet nous dit que la Défense qu'il avait écrite pour Louis XVI fut traduite en

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