‹ La conspiration de l'étrangerChapitre 55 sur 75 · I. Jacobins, t. IV, p · texte numérisé non relu

I. Jacobins, t. IV, p

aa8 ÉTUDES robespierristes

»ur son rapport qu'était institué le tribunal criminel extraordinaire du 17 août. Il présida TAssemblée pendant les derniers temps de son existence. On veut qu'alors il se soit lié avec Dan< I ton. On le représente même comme son élève !

Ici encore je réclame des textes, des preuves. S'il avait été le dantoniste qu'on dit, comment se faitil que Danton, qui fut assez puissant pour faire nommer à la Convention par l'Assemblée électorale du département de Paris des gens comme Marat, Fabre d'Églantine, le duc d'Orléans, Panis, Sergent, n'ait pas réussi à faire nommer Hérault par la même assemblée ? Evidemment Hérault, s'il était alors l'ami de Danton, n'était pas l'ami du premier degré. Ecarté par Paris, il se fit nommer à la Convention de Seine-et-Oise.

Si rien ne prouve qu'il fut, même alors, de l'entourage de Danton, tout concourt à démontrer qu'il appartenait de plus en plus au parti Montagnard.

11 refuse, le a8 octobre 1792, la candidature à la mairie de Paris et il engage les jacobins à porter les suffrages sur Antonelle dont il fait l'éloge. Or, Antonelle était un Montagnard ardent qui méritera plus d'une fois les compliments du Père Duchesne. Trois jours plus tard, le i*"* novembre, Hérault était porté à la présidence de la Convention par les suffrages des Montagnards et l'emportait au second tour du scrutin contre Rabaud de Saint-Etienne candidat des Girondins.

Nous ne le suivrons pas dans sa mission en

Savoie où il rencontra la brune Adèle de Bellfegarde, femme d'un colonel au service de la Sardaigne. II eut la bonne Tortune d'être absent de la Convention au cours des orageux débats du procès du roi et de la lutte de la Montagne et de la Gironde. Il revint à Paris juste à la veille du 3i mai, assez à temps pour prendre sa part de la victoire. Il présida la Convention devant les canons d'Hanriot. Il entrait en même temps au Comité de Salut public où il était chargé avec Saint-Just, Couthon et Ramel de rédiger la Constitution.

Au Comité de Salut public, il rencontra Danton et fut, probablement pour la première fois, en contact un peu intime avec lui. On veut qu'il ait été un instrument de la politique extérieure de DanJ;on, qu'il ait dirigé sur ses indications les tentatives de négociations avec les puissances. Hypothèses bâties sur le sable. Hérault fut le rapporteur de la nouvelle Constitution. Ce travail l'absorba pendant tout le mois de juin et quand la Constitution fut votée, Danton tomba le 10 juillet*. La prétendue collaboration diplomatique de Danton et de Hérault est un mythe. Il y en a beaucoup dans l'histoire de la Révolution.

I . Ce n'est que le 1 3 jtiin qu'Hérault fut désigné avec Barère et Danton pour former au Comité la deuxième section ayant les Affaires étrangères dans ses attributions. Il ne s'occupa réellement des questions diplomatiques qu'en juillet et sa politique étrangère fut diamétralement opposée à celle de Danton (Voir mon étude: Danton et la paix, à paraître dans la Revue des Nations Latines').

23o ÉTUDES ROBESPIERRISTES

Chose significative, seul ou presque avec Barère, Couthon et Saint-Just, Hérault avait été maintenu au Comité de Salut public renouvelé. Cela eût-il été possible, s'il eût été l'instrument de Danton? Ce sont les hébertistes qui renversèrent l'ancien Comité. Or, lisez leurs feuilles, lisez leurs discours aux jacobins, ils attaquent Delacroix, Ramel, Gasparin, Mathieu, Cambon, Danton, ils sont muets à l'égard d'Hérault de Séchelles I J'ai parcouru à peu près toute la collection du Père Duchesne sans y découvrir aucune attaque contre le soi-disant ami de Danton' !

Quand Danton propose, le i" août 1793, de transformer le Comité de Salut public en Comité de gouvernement par hi suppression du conseil exécutif, qui combat la proposition ? C'est Hérault au nom du Comité du Salut public. La chose contriste tellement M. Aulard qu'il suppose qu'Hérault fut alors subjugué, terrorisé par Robespierre, et qu'il se laissa « imposer », de force en quelque sorte, « le rapport contre le projet de son maître »*, car pour M. Aulard, Danton fut le maître d'Hérault de Séchelles !

La vérité, c'est que si Hérault appartient alors

I. M. Aulard a écrit (!oc. cit., p. 286) que a rultrajacobin Vincent dénonçait dans son journal l'impudence de ce patriote débauché ». Vincent n'a jamais eu de journal et M. Aulard serait bien en peine d'appuyer cette affirmation d'une référence.

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