‹ La "Constitution d'Athènes" et l'œuvre d'AristoteChapitre 17 sur 47 · CHAPITRE CINQUIÈME Clisthènes. Progrès et décadence de la démocratie · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME Clisthènes. Progrès et décadence de la démocratie

Après la chute des Pisistratides, Athènes fi^t en proie à la rivalité disagoras, fils de Teisandros, ami des tyrans, et de Clisthènes, qui appartenait à la famille des Alcméonides. Isagoras eut d'abord le dessus, grâce à l'appui des hétairies (i) ; puis, vaincu par Clisthènes, qui s'était concilié le peuple, il appela à son aide Gléomènes, qui força Clisthènes à s'enfuir, exila sept cents familles athéniennes et tenta de s'emparer du pouvoir avec trois cents de ses amis. Assiégé par le peuple, dans TAcropole, il dut capituler. Clisthènes fut alors rappelé et organisa la démocratie (c. XX).

Il répartit les Athéniens en dix tribus, afin de donner à un plus grand nombre le titre de citoyens, et de rendre plus accessibles les magistratures. Le chiffre des Conseillers ftit porté de quatre cents à cinq cents, cinquante par tribu. Pour mêler les familles, Qisthènes distribua le sol, divisé en démes, en trente subdivisions, ou trittyes, qui furent réparties par le sort entre les dix tribus. Les citoyens du dême, les démotes, avaient à leur tête un démarque, qui remplissait les mêmes fonctions, qui étaient autrefois attribuées au naucrare. Les familles, les phratries, les sacerdoces subsistèrent, mais n'eurent plus qu'un caractère religieux. Clisthènes laissa le commandement de l'armée au polémarque, mais il lui adjoignit dix

(i) Nous avons cité précédemment le chapitre de la Politique (VIII, 9, a, i3i3, a, 4O1 dans lequel Aristole conseille au tyran dMnterdire toute association politique. L'importance des hétairies est encore signalée VIII, 5, 5, i3o5, b, 3i.

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LA « CONSTITUTION D ATHENES », ETC. lo"

stratèges, élas à main levée, à raisoD d'un par tribii» Hnliii. il institua l'ostracisme (c. XXI, XXII, t).

lions la Politique, Aristote parle, à deux reprises. île Clisthèaes. Déûnissant le citoyen, il dit que l'eu pourrait (ontostoi' le droit de ceox qui ont été admis dans la cité par une ivvoludon, comme ceux qu'inscrivit Clisthèues, après rexpulsiun des tyrans, en introduisant dans les tribns beaucoup d'éli'an^cra et d'esclaves domiciliés. Mais le citoyen est un hoiQtiK^ invt'sti d'un certain pouvoir; quiconque jouit de ces prérogativ<^s est effectivement citoyen; ceux qui les reçurent de Clisthèiu-s étaient donc bien réellement citoyens (t). Ailleurs, il conseilU', p»iir fonder la démocratie, d'imiter Clisthènes, c'est-à-dii-e ilc i-réei' de nouvelles tribus et de nouvelles phratries, et tk- i^nili'e aussi fréquentes que possible les relations entre citoyens (i).

Lorsqu'il délînit la souveraineté, Aristote discute liinxiiciunit la légitimité de l'ostracisme. Si, dans l'Ktat, un ou [iliisiciii's . hommes l'emportent de beaucoup sur tous les autres cituyeiiH, soit par leur mérite, soit par leur influence, ils nv pi.'uvi;nl plus trouver place dans la cité. Ce serait, en elfet, leur luiro injure que de les i-éduire à l'égalité commune. Aussi les Klals démocratiques, plus jaloux que tous les autres de cettf o};aliti-, ont-ils institué l'ostracisme. Dès qu'un homme semblait s'é-lcvi'i' au-dessus de tous ses concitoyens par sa richesse, par U' nuiiibrc de, ses partisans, ou par tout autre avantage politique-, l'usliacisme venait le frapper d'un esil phis ou moins l<in^'. Ti't expédient n'est pas seulement utile aux tyrans; il est i-iii|j1iim' avec un égal succès dans les oligarchies et les déimnimii'*. Le principe de l'ostracisme, appliqué aux supérioiilis bii'ii reconnues, n'est pas dénué de toute équité. Mais il csl pii'IVrable que la cité trouve dans ses institutions le moyen >i'i''\'iti'r

(1) PoUUqae, Ut. i, lO, 1975, b, ^.

<a) PotUlqae. V\l, a. 11, i3ig, b, ig.

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