BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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M. Azrren CROISET
use reconnaissance
Hommage d'affectue
no
https://archive.org/details/1lA41 550230 0027
RE AT à
al
Has surprise fut grande et l'émotion profonde quand, au 7 |
mois de janvier or les journaux ‘anglais annoncèrent au Constitution d’ Athènes,
Aristote par le témoignage unanime de l'antiquité, avait été
monde savant que la attribuée a retrouvée à Londres sur un papyrus du British Museum. se" Le silence était gardé sur la provenance du papyrus, et un véritable mystère diplomatique enveloppait les circonstances de Ha la découverte. Aussi, en même temps que la curiosité, la
défiance fut-elle éveillée.
Nous possédions déjà d'assez nombreux fragments de cet ouvrage, conservés dans les citations des historiens, des grammairiens et des lexicographes (1). Mais l'authenticité, contestée par certains critiques (2), n’en était rien moins que certaine ;
et les textes étaient si courts qu'ils n'offraient aucun moyen M.
de VO éd,
de l’établir avec évidence. En 1885, d’autres morceaux avaient été déchiffrés sur un papyrus mutilé, acquis par la Biblio-
thèque de Berlin, et publiés par Blass (3). Bergk avait reconnu
(1) V. Rose : Aristotelis qui Jerebantur librorum fragmenta (Leipsig. Teubner. 1886). ;
€) Voir, en particulier, V. Rose : Aristoteles pseudepigraphus (Leipsig. Teubner. 1863). — E. Herrz : Die Verlorenen Schriften des Aristoteles (Leipsig. Teubner. 1865).
(3) Hermes (XV, p. 366).
2 à INTRODUCTION
qu ils appartenaient à Aristote (1); et c’est sous le nom du
philosophe que les avait réédités Diels (2). Mais ces fragments n'avaient ni plus d’étendue ni plus d'importance que les parties déjà connues. Ils ne permettaient pas davantage à la critique de porter un jugement motivé sur l’œuvre historique d’Aristote. D'autre part, l'on n’y retrouvait point les qualités de style, louées par les érudits de l'antiquité en des termes que justifiait si peu, aux yeux des modernes, la lecture des ouvrages systématiques, tels que la Rhétorique, V'Ethique à Nicomaque ou la Politique.
Enfin, dès l'année 1891, l'édition princeps de la Constulution
d'Athènes parut sous le nom de Kenyon (3). Elle fut bientôt
. suivie par la publication du fac simile (4), destinée à lever
tous les doutes et à établir l'authenticité de la découverte.
L'on put ainsi voir en quel mauvais état est le papyrus. Le texte est écrit sur quatre bandes de diverses longueurs. L'avant-dernière est mutilée, la dernière tout-à-fait fragmentaire. Dans toutes, des mots illisibles, des lacunes, des fautes grossières. Le commencement et la fin du traité manquent; plusieurs parties ne peuvent être reconstituées avec certitude.
Quatre mains ont copié l'ouvrage. L'écriture de #a première (col. 1-12) est une demi-cursive, que de nombreuses abréviations rendent düiflicile à lire. La seconde main (col. 13 à milieu de 20) dessine une belle onciale, dans laquelle on relève de nombreuses fautes d'orthographe. La troisième (milieu de 20
à fin de 24) trace une demi-cursive mal formée, plus grande
() Rheinisches Museum (KXXVI, p. 89).
(2) Abhandlungen de l'Académie de Berlin (1885).
(3) AOMHNAION IIOAITEIA, Aristotle on the Constitution of Athen, edited by F. G. Kenyon (London and Oxford. r89r)
(3) AOTNAION TIOAITEIA, Jac simile of papyrus CXXXI in the British Museum (22 pl. in-folio. London and Oxford. 1897).
30) emploie généralement une demi-cursive, très semblable à
que celle de la première main. Enfin, la quatrième (col. 25 à s
la première, mais plus belle. Ces indications suflisent à montrer combien était ardue la tâche de l'éditeur et combien de reconnaissance lui doivent les amis des lettres grecques. Désormais ils peuvent lire, au moins dans leurs plus importantes parties, le récit des révolutions constitutionnelles et l'exposé des institutions démocratiques d'Athènes. Le plan de l'ouvrage apparaît dans toute l'unité de son ordonnance et dans toute la régularité de sa composition. La forme en a été assez respectée par le temps et les copistes pour que l’on y puisse retrouver toutes les qualités de l'écrivain, apprécier non seulement la simplicité, la concision et la clarté, mais aussi l'élégance et l’agrément de son style. La science peut enfin contrôler, au moyen d'un texte étendu et continu, les jugements des lettrés et des érudits de l'antiquité.
La publication de Kenyon était, sans doute, fort imparfaite, et il n’en pouvait être autrement; elle n’en donna pas moins un nouvel essor aux études péripatéticiennes. Les éditions se multiplièrent ; et, dans chacune, la lecture du papyrus était plus exacte, et le texte établi avec plus de vraisemblance. Nous les avons toutes consultées, et toutes nous ont été d’un grand secours. En les citant, nous reconnaïssons bien volontiers ce que nous devons aux auteurs, dont nous avons accepté les interprétations toujours ingénieuses et souvent décisives. Ce sont celles de G. KAïIBEL et voN WicamowiTz-MOELLEN-
porFr (1); de H. van HERWERDEN et J. vAN LEEUWEN (2); de
(x) Aristotelis Ilokurela ’Abnvæiwv (Berlin. Weidmann. 1891). (2) De Re Publica Atheniensium Aristotelis qui fertur liber Abnvatwy
Ilokrelæ (Leyde. Sijthoff. 1891).
F. BLass (1); et aussi celles dans lesquelles Kenyon a mis à profit les travaux les plus récents de la critique (2). — Nous sera-t-il permis, à ce propos, d'exprimer un regret : pourquoi l’érudition française est-elle tant en retard, et pourquoi sommesnous obligés de lire l'ouvrage d’Aristote dans un texte publié à Londres, à Leyde ou à Berlin? —
Nous avons aussi consulté, à chaque instant, les deux traductions françaises, si exactes qu'elles équivalent à un commentaire, de M. Th. Reinach (3) et de M. B. Haussoulier (4). Après ces deux traductions a paru le beau livre de M. Dareste sur la Science du droit en Grèce (5), dans lequel l'auteur présente un résumé analytique de la Constitution d’Athènes. Cet ouvrage nous a été fort utile. L'auteur a réussi à reconstituer, avec une certitude presque complète, les chapitres dans lesquels Aristote traitait des tribunaux athéniens, et dont il ne reste plus, dans le. papyrus, que d’informes lambeaux. Nous avons suivi de très près cette analyse; et, si nous n'avons pas averti le lecteur de tous nos emprunts, c’est qu'il nous eût fallu ajouter une note à presque toutes les pages de cet essai.
Outre les éditions et les traductions, des articles de revue, des opuscules, de gros ouvrages étaient publiés, en France et à l'étranger; et tel en est le nombre, qu'ils sufliraient déjà à remplir une bibliothèque, et qu’il est désormais impossible à
qui étudie la Constitution d'Athènes de les lire et de les
(x) Aristotelis Iloktelx ’AÜnvaiwv (Leipsig. Teubner. 1899).
(2) La troisième édition. publiée sous le même titre que les deux premières, à Londres et à Oxford, est datée de janvier 1892.
(3) Aristote. La République athénienne. (Paris. Hachette. 1891). . (@) Aristote. Constitution d'Athènes. (Bibliothèque de l'École des Hautes Etudes, 99° fase. Paris. 1891).
(6) La science du droit en Grèce. Platon, Aristote, Théophraste (Paris. Larose et Forcel. 1893).
discuter tous. Nous ne mentionnerons ici que les articles ou
les livres, dans lesquels nous avons puisé des renseignements, ou dont nous avons accepté ou eus les conclusions.
Ce sont d’abord l'analyse de M. H. Weil (1), puis les deux articles de M. Th. Reïnach (2), dans lesquels était débattue l'authenticité de certaines parties de la Constitution d'Athènes, et dont nous avons rapproché les dissertations de Headlam (3), de Busolt (4), et de Thalheim (5), dans lesquelles sont traitées les mêmes questions.
Nous avons Iu aussi, avec un vif intérêt, les études de F. Cauer (6) et de J. Schwarez (9), qui se prononcent contre l'authenticité de l'ouvrage ; de H. Diels (8) et de K. Niemeyer (9), qui l’attribuent à Aristote. La comparaison de la Constitution d'Athènes et de la Politique, qui fait l’objet du présent travail, avait déjà été tentée par P. Meyer (10). Nous devons beaucoup à l'auteur, qui nous souvent guidé dans nos recherches, et qui avait, avant nous, tiré de ce rapprochement d'intéressantes conclusions. La plupart des textes de la Politique, qui peuvent être confrontés avec la Constitution d'Athènes, sont, d’ailleurs, indiqués dans les notes de la traduction française de M. B. Haussoulier, dont il a été parlé
(1) Journal des Savants (Avril 1891).
(2) La Constitution de Dracon et la Constitution de lan 411, d’après
Aristote (Revue des Etudes grecques, 1N9x, p. 82). Aristote ou Critias? (id., 1891, p. 143).
(3) The Constitution of Dracon (Classicai Review. Avril 1891).
(4) Zur Gesetzgebung Drakons (Philologus. L. p. 393).
(5) Die drakontische Verfassung bei Aristoteles (Hermes, XXIX, p. 458).
(6) Hat Arisloteles die Schrift vom Slaate der Athener geschrieben ? (Stuttgart. 1891).
(3) Aristoteles und die *Abnvalwy molwetx auf dem Papyrus des British Museums (Leipsig. 1891).
(8) Zwei Funde (Archiv für Geschichte der Philosophie (1891, p. 479, 482-6).
(9) Zu Aristoteles *Abnvalwy rolweix (Neue Jahrbuecher für Philologie und Paedagogik (1891, p. 4097-15).
(xo) Die Aristoteles Politik und die *AÜnvalov rorteta (Bonn. 1891).
plus haut. Il y a là, en effet, comme une première esquisse de la comparaison que nous nous sommes proposé d'établir entre les deux ouvrages.
Le vocabulaire et la syntaxe de la Constitution d'Athènes ont été caractérisés par J. B. Mayor (1), Newman (2), H. Richards (3) et Chinnock (4). Dans leurs articles sont réunis tous les éléments d'une étude complète sur le style d’Aristote. Aussi y avons-nous fait de nombreux emprunts.
Enfin l'on ne saurait plus écrire sur L ’Aümvalwy molreta sans recourir aux deux importants ouvrages de G. Kaïbel (5) et de von Wilamowitz-Moellendorf (6). Le premier a défini, avec une grande précision, les qualités qui doivent être reconnues au style d’Aristote, et établi que les éloges des critiques anciens ne sont point exagérés; il a, et c’est la partie la plus solide et la plus décisive de son étude, démontré que les termes politiques avaient, à de très légères différences près, la même acception dans l'exposé historique et le traité théorique; enfin il a prouvé que l'écrivain s'était moins préoccupé du rythme et du nombre oratoires que ne l'avait prétendu Fr. Blass, dans la Préface de son édition. En un mot, il a ramené à une juste mesure et, pour ainsi dire, remis au point les jugements excessifs et contradictoires, portés par les critiques sur le style de la Constitution d'Athènes.
Ce n'est pas à la forme de l'ouvrage, mais au fond, que
(1) Un-Aristotelian words and phrases contained in the *AÜnvaioy rolrela (Classical Review, 1891, p. 122).
(2) Aristotle on the Constitution of Athen (Classical Review, 1891, p. 155).
(3) Rare words in Aristotle's Constitution of Athen (Classical Review, 1891, p. 184 et 272).
(4) Rare words in Aristotle's Constitution of Athen (Classical Review, 1897, P: 229).
G@) Stit und Text der ’Abnvalwy rolrelx des Aristoteles (Berlin. 1893).
(6) Aristoteles und Athen (2 v. Berlin. 1893).
IPRODUÉTEN 2. à rt à s’est attaché von Wilamowitz-Moellendorf. Il s’est surtout préoc- cupé de déterminer à quelles sources avait puisé l'historien; il s’est, par conséquent, prononcé sur l'authenticité des parties les plus controversées; et, si les hypothèses qu'il a proposées ne sont pas toutes également vraisemblables, elles ont, du moins, le mérite de provoquer la discussion, d'éclairer d’une vive lumière les questions les plus obscures, et d'aider à la découverte de la vérité.
En résumé, c’est le problème de l'authenticité que soulèvent et s'efforcent de résoudre les auteurs de tous les articles, mémoires ou livres, que nous avons cités et que nous avons trouvé profit à étudier. La même recherche nous a tenté, et, en comparant la Constitution d'Athènes à celles des œuvres systématiques d’Aristote, dont elle peut être rapprochée, nous nous sommes proposé d'établir que l'historien de la démocratie
athénienne n'était autre que le théoricien de la Politique.
Le défaut des méthodes suivies par la plupart des -savants qui ont discuté l'authenticité de L’ ’Abnvaiwy molreix, c'est qu'elles ne sont pas assez générales et ne permettent d’atteindre qu’à une part de la vérité. |
Les uns ont essayé de découvrir les sources auxquelles avait puisé l'historien et de déterminer à quelles règles il avait soumis l'examen, la comparaison et l'interprétation des monuments que lui avait légués le passé. La Constitution d'Athènes révélait-elle une critique sévère, elle était l'œuvre d'Aristote. L'auteur, au contraire, accordait-il créance à des
témoignages suspects, il ne pouvait être confondu avec le
etes |
indispensable, pour se prononcer sur la véracité. de. Vue
philosophe. Certes cette enquête est intéressante,
torien, d'apprécier à leur juste valeur les documents auxquels > il ajoutait foi, Mais la plupart des textes qu'il a consultés $ "e sont perdus. L'œuvre des annalistes, qu'il cite à plusieurs reprises, au cours de son récit, ne nous est point parvenue. 4 | Se Les conditions dans iesquelles a été composé l'ouvrage restent = enveloppées d’impénétrables ténèbres. Point d’argument précis, ni de preuve positive; toutes les solutions proposées, toutes les 7 démonstrations tentées, ne sont que d’ingénieuses et captieuses hypothèses. Le livre de von Wilamowitz-Moellendorf est séduisant; le système qu'y développe l’auteur est spécieux; mais la # à base n’en est point solide, et, dans ce savant édifice, il n'y a rien d'assuré. |
D'autres critiques ont rapproché de l ’Abnvalwy rokrela les
témoignages des historiens, des grammairiens ou des lexico-
graphes, relatifs à l’histoire de la démocratie athénienne ou au mécanisme de ses institutions. Nous doutons que cette méthode soit plus légitime que la précédente. Les polygraphes, que lon oppose à l'historien, lui ont emprunté la plupart des renseignements qu'ils nous ont transmis. Il en est qui l'ont fidèlement copié; mais d'autres l'ont corrigé, ont altéré sa pensée, ont méconnu l'esprit de la constitution athénienne. Ces copies défectueuses ont perdu toute autorité depuis que l'original en a été retrouvé.
Ceux-là semblent suivre une méthode plus rigoureuse, qui étudient le style de l'écrivain et comparent le vocabulaire et la syntaxe de la Constitution d'Athènes à la syntaxe et au vocabulaire des Iloayuareiu. Mais si les différences, souvent dis-
cutables d’ailleurs, qui ont été signalées dans le choix, l’ac-
ds. te L . INTRODUCTION 9
ception et la construction des mots, la liaison et la coordination LT Te
des propositions, l'harmonie et le nombre des phrases, peuvent
USE fournir des préventions pour ou contre l'authenticité du traité, HAE
elles ne sauraient autoriser la critique à trancher le débat,
Ro La forme ne saurait être abstraite des idées qu'elle enveloppe.
Aussi bien les causes les plus diverses peuvent-elles modifier CARE. le style d’un écrivain, l'époque à laquelle il écrit, les influences
qu'il subit, les modèles qu’il imite, les textes qu'il consulte,
le sujet qu'il traite, le public auquel il s'adresse. Dans l’œuvre
encyclopédique d’Aristote, qui semble s'être proposé de résumer
toute la science des siècles passés et d'en faire pour ainsi dire le bilan, afin d'édifier son système sur une base solide et
d'ouvrir à la philosophie une ère nouvelle, comme les conquêtes
d'Alexandre commençaient la transformation du monde grec,
n'est-il pas inévitable et nécessaire qu'il y ait plusieurs styles,
et que peut-on conclure d’infimes variations dans le choix et
l'ordre des mots, le tour et le nombre des phrases ?
Au coniraire, rien ne nous paraît plus légitime que de confronter les jugements, portés dans Pl ’Afvaiwy rolrela, sur les hommes et les institutions d'Athènes, avec les doctrines, professées par Aristote, dans sa Politique. Les idées d'un écrivain, quelle que puisse être la souplesse ou la mobilité de son esprit, ne sauraient, à un intervalle de quelques années, se transformer au point de se contredire. La théorie n'est point, d’ailleurs, si éloignée de la pratique, que le philosophe puisse démentir l'historien. Aussi nous sommes-nous proposé, selon l'exemple donné par P. Meyer, de rapprocher Ja Constitution d'Athènes des ouvrages systématiques d’Aristote, et plus particulièrement de la Politique.
Mais les résultats, que nous avons pu obtenir, en suivant
cette méthode, la plus rigoureuse de toutes, à la vérité, ne nous ont pas paru établis avec une certitude suflisante. Pour éprouver nos conclusions, nous avons, après avoir analysé le fond, étudié la forme, et fait intervenir les considérations grammaticales, qui ne permettraient point, à elles seules, d’afñirmer ou de nier l'authenticité du traité. Quand nous avons noté des divergences entre le récit de l’historien et les théories du philosophe, nous avons recouru à l'œuvre des polygraphes, dont les allusions et les citations peuvent nous renseigner sur la forme primitive de la Constitution d'Athènes; ou bien, nous avons tenté de remonter jusqu'aux sources, auxquelles puisait l'auteur, discuté la véracité des témoignages qu’il invoque, défini les règles de critique qu'il s’est imposées, relevé toutes les dérogations à ces lois. Aïnsi nous avons pu reconnaître, dans son œuvre, la trace certaine de remaniements et d’interpolations, et en éliminer des développements apocryphes, introduits dans le texte par des copistes ignorants ou des éditeurs prévenus. En un mot, nons sommes resté fidèle, dans la plupart de nos recherches, à la méthode qui nous avait paru la plus rigoureuse ; mais cette préférence n'était point exclusive; et nous nous sommes aussi, quand nous l'avons cru nécessaire, engagé dans les autres voies, qui nous étaient ouvertes. L'exemple d’Aristote lui-même nous invitait à profiter des découvertes antérieures; à cocrdonner, à combiner même les résultats acquis, afin d'en tirer des vérités nouvelles; à ne rien détruire de l'édifice commencé, mais à en poursuivre l'achèvement. Aussi bien n’avionsnous pas la prétention de dire le dernier mot sur une question qui reste pendante ; il nous a sufli d'éclairer certains côtés d’un problème, dont, après de longues et patientes études, nous doutons
encore que l’on puisse jamais dissiper toutes les obscurités.
INTRODUCTION Er 11
Nôus avons commencé par rechercher quelles relations existent entre les œuvres systématiques d’Aristote et la Constitution d'Athènes; puis nous avons analysé ce dernier ouvrage, afin d’en rapprocher toutes les parties de la Politique, qui le confirment ou le contredisent; ensuite, nous nous sommes demandé si les jugements portés, dans l'exposé historique, sur les hommes et les institutions, s'acpotlent. avec les principes politiques, énoncés dans le traité didactique. Enfin nous avons extrait de la ÆRhétorique une théorie du style; et nous avons établi que le vocabulaire, la syntaxe, le rythme même de l’’Abnvalwy rokrela étaient conformes aux règles formulées par Aristote, et présentaient, d’ailleurs, les mêmes caractères que les critiques de l'antiquité reconnaissaient aux œuvres aujourd'hui perdues. De cette étude, enfin, nous avons pu conclure que la Constilution d'Athènes a, certes, été remaniée et interpolée; qu’en l’état où elle nous est parvenue, elle contient des éléments apocryphes; mais que l'authenticité n’en doit pas être contestée, et qu’elle a été composée par
l’auteur même de la Politique.
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