LA DISTINCTION ]>E LA VIE PUBUQUE ET DE LA VIE PRIVÉE
Les particuliars peuvent » sdon leurs mclinatiwd personnelles, exercer ou négliger les branches d'activUé indiquées aux trois Uvres précédents (Y à VU). Quand il leur convient d'agir, ils peuvent, en outre, prendre l'initiative ou la subir, opérer seuls ou avec des associés , enlin dans tous les cas régler les conditions et le mode de leur action. Ces libertés individuelles sont les caractères distinotifs de <k la vie privée i>, dans une bonne organisation de la société ; mais elles n'y jouent pas le rôle de principes absolus. Ici, comme en toutes choses , la liberté doit êtns subordonnée à deux sortes de contraintes : à celle que la loi divine impose à la conscience ; à celle que la Uh humaine oppose aux actes x^ui troublent la paix sociale.
Dan9 « la vie publique » , l'activité sociale offre
des caractères différents. Les particuliers n'y ont plus la liberté du choix entre l'abstention et l'action : ils sont tenus de s'unir à leurs voisins pour subvenir en commun à certains services; et ils doivent y contribuer de leur personne ou de leur bourse. Ils n'ont pas non plus en toutes choses le choix des moyens d'action : en beaucoup de cas , ils doivent se conformer aux règles établies par la coutume ou par la loi écrite. L'unité de vue, qui est habituelle chez quelques individus librement adonnés à leurs propres affaires , ne se retrouve guère chez de nombreuses familles, groupées avec des intérêts différents sur un territoire étendu , et obligées de pourvoir aux intérêts généraux de cette circonscription. En principe, les intéressés doivent s'entendre spontanément pour conjurer ces difficultés ; mais , quand ils se montrent impuissants, quand la paix publique est menacée , il devient nécessaire qu'une autorité supérieure intervienne pour rappeler les règles et, au besoin, pour nommer les agents chargés de l'exécution ou du contrôle. Cette entente directe des citoyens pour la gestion des intérêts publics , et cette intervention de l'autorité pour la conservation de la paix intérieure constituent le gouvernement de la société.
Les bonnes constitutions sociales offrent, dans la vie publique, deux subdivisions distinctes. Cette distinction est mieux établie chez les An-