‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 148 sur 190 · LE TRAVAIL EN GRAND ATELIER · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL EN GRAND ATELIER

La famille est toujours Funité sociale; mais elle s'étend parfois au point de former une société qui se suffit à elle-même. Tel est Tordre de choses qui se maintient depuis les premiers âges dans la Grande-Steppe. Les ménages partiels y restent groupés près du tombeau , autour de la tente qui abrite les dieux lares , sous la garde du commun ancêtre. Toutes les familles ont la même profession, l'industrie pastorale. Chaque famille ne possède qu'un vaste atelier, le pâturage commun, découpé conformément à la tradition , au milieu d'une prairie sans bornes. C'est donc la famille patriarcale qui, depuis la création de l'homme, a organisé le travail en grands ateliers.

L'Angleterre possède une vaste étendue de steppes dans son immense empire, notamment

dbyGoogk

en Australie ; mais elle n'y crée point de familles patriarcales. Les colons anglais transportent partout avec eux les habitudes peu sociables prises dans la mère patrie * : pour exploiter leurs domaines, ils ont moins recours aux bras de leurs enfants mariés qu'à ceux d'auxiliaires étrangers. Dans la métropole comme dans les colonies, un grand domaine rural est rarement le siège d'un travail en famille : c'est une association contractée entre le possesseur du sol et diverses sortes de tenanciers ou de salariés. Le grand fermier lui-même n'a guère conservé les mœurs de Fshicien paysan -propriétaire : il s'associe à des salariés plutôt qu'à ses enfants.

Les grands ateliers du pâturage et de l'agriculture ont de beaucoup précédé ceux du commerce et de l'industrie manufacturière. Ces derniers ne datent guère en Europe que de la Renaissance , c'est-à-dire de l'époque où l'on commença à recourir aux roues hydrauliques pour mettre en action les engins mécaniques des principaux arts usuels. Ils se multiplient et s'accroissent, sous

* Je constate ici un fait plutôt que je nMmets une critique. Chez cette grande race, Pabsence des vertus propres aux communautés patriarcales a pour compensation les qualités qu'engendre Tesprit d'initiative individuelle. Même dans leurs colonies, les Anglais concilient mieux que toute autre race, au sein de leurs familles -souches, Pesprit de nouveauté dont abuse partout la famille instable, avec Tesprit de tradition qu'exagère souvent la famille patriarcale. — F. L-P.

dbyGoogk

Page 1