‹ La constitution de l'Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Précédee d'apercus sommaires sur la nature du sol et l'histoire de la raceChapitre 177 sur 190 · CH. II — LA GUERRE OU L'UNION ENTRE LES RACES · texte numérisé non relu

CH. II — LA GUERRE OU L'UNION ENTRE LES RACES

emploient celles de leur nation pour opprimer les nations voisines. Ils sont admirés par leurs concitoyens, souvent aussi par les étrangers, tant que rinjustice semble être profitable. Ils ne sont même guère blâmés par ceux qui sont spécialement chargés d'enseigner aux peuples les devoirs imposés par la loi morale. Les associations privées qui se constituent aujourd'hui pour rappeler ces devoirs aux gouvernants, n'ont pas une entière liberté d'action près de ceux qu'il faudrait surtout persuader. Partout, dans l'état actuel des idées et des mœurs, les particuliers qui se dévouent à ces œuvres ont peu de chances de succès. La difficulté de la réforme tient à plusieurs causes qu'il faut connaître pour en combattre les effets,, et pour unir par la vérité les racesd'hommes qui sont maintenant divisées par l'erreur. La loi suprême est méprisée, non pas seulement par les gouvernants, mais par le corps même des nations : le principe de la loi est nié par des lettrés qui prétendent être savants, qui font bruyamment appel à la méthode expérimentale,' mais qui, en fait, ne s'appuient que sur des idées préconçues , également réfutées par l'expérience et la raison*. La pratique de la loi est empêchée

1488 par Charles VIII, roi de France, après la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. [La Réforme sociale, 67, xii, n. 5. ) ^ La Réforme sociale. Introduction : les idées préconçues et les faits. — L'Organisation du travail, § 39.

dbyGoogk

par lés nouveautés dangereuses , ou par les lois écrites qui abrogent les coutumes séculaires, créées par les ancêtres aux époques où Tautorité du Décalogue était universellement acceptée. Les races qui cultivent le plus les lettres, les sciences et les arts, sans reconnaître la souveraineté absolue de Dieu et de sa loi (IV, i), tombent ainsi dans une confusion inextricable. Leurs conceptions compliquées et obscures sur les plus chers intérêts de Thumanité apparaissent comme une débauche intellectuelle quand on les compare aux idées simples et lucides de ceux qui reportent souvent leur pensée vers le Décalogue éternel^. La supériorité apparente de ces « progrès de la civilisation 3) se révèle, il est vrai, par certaines œuvres de l'esprit et par les nombreuses élaborations de la matière ; mais rinfériorité réelle de cet état social se reconnaît à trois caractères saisissants : à l'état de guerre, latent ou déclaré, qui rég:ne entre les nations; aux discordes intestines qui désolent les foyers, les ateliers et les voisinages; enfin aux souffrances physiques et morales qui naissent surtout du manque de sécurité , et qui pèsent sur les individus dans toutes les classes de la société.

L'Occident semble ainsi s'acheminer vers les catastrophes qui ont détruit, dans les régions du

3 La Réforme sociale, 51 , xii ; 62, ii.

CH. II— lA GUERRE OU L»UNION ENTRE LES„RACES 317

globe antérieurement peuplées, toutes les raceï riches et puissantes, accumulées sur un territoire complètement défriché*. La plus noble tâche qu'on puisse proposer aux gens de bien, consiste à arrêter sur cette pente funeste les Occidentaux ou, à leur défaut, ceux qui leur succéderont dans la direction des affaires du monde. Dans Fétat actuel de l'Europe , la solution de ce problème ne saurait être attendue ni du concert des gouvernants absorbés, dans les préoccupations de la guerre, ni de l'opinion égarée par les aberrations des lettrés. EUe ne saurait être demandée qu'à une élite de personnes dévouées au règne du bien; et elle sera obtenue par les moyens de démonstration qui triomphent le mieux des erreurs contemporaines. Parmi ces moyens, il en est deux qui, dans tous les temps, se montrent très-efficaces au sein d'une race souffrante. Le prèiîiier est l'enseignement qui recommande à cette race de prendre les modèles de sa réforme , soit dans

* La Chine a seule échappé à ces destructions successives des ce peuples civilisés ». Je m'applique depuis longtemps à rechercher les causes de cette admirable anomalie , dans l'histoire du genre humain. L-Union de la paix sociale rendrait à l'humanité d'immenses services, si, avec le concours de tous les talents nécessaires , elle mettait ces causes en complète lumière. La Compagnie de Jésus avait commencé cette étude (Voir Union n. 4, m); mais, en Chine, comme au Paraguay et au Mexique, son œuvre a été entravée par ceux qui auraient dû s'y associer. — F. L-P.

dbyGoogk

31S LlVttE SEPTIÈME — L'ANGLAIS ET L'ÉTRANGER

les institutions que respectaient ses ancêtres aux époques de prospérité , soit dans celles que respectent encore les peuples prospères : les anciens comme les modernes, Socrate'* comme Montesquieu^ ont également affirmé Tefûcacité de ces deux méthodes. Le second moyen consiste à dé-

^ Xénophon résume ainsi , dans un dialogue entre Socraie et Périclès, les causes de la décadence d'Athènes et les moyens de réforme. « Alors Périclès : Je m'étonne, Socrate, « que notre ville ait ainsi décliné. — Pour moi, je pense, « reprit Socrate , que de môme qu'on voit certains athlètes, « qui l'emportent de beaucoup sur d'autres par la supério- « rite de leurs forces, s'abandonner à la nonchalance et (c descendre au-dessous de leurs adversaires , de môme les « Athéniens , se sentant supérieurs aux autres peuples , se « sont négligés et ont dégénéré. — Et maintenant, que « pourraient-ils faire pour recouvrer leur ancienne vertu ? (c — Alors Socrate : Il n'y a point ici de mystère ; il faut « qu'ils reprennent les mœurs de leurs ancêtres, qu'ils n'y (C soient pas moins attachés qu'eux, et alors ils ne seront « pas moins vaillants ; sinon , qu'ils imitent du moins les « peuples qui commandent aujourd'hui, qu'ils adoptent « leurs institutions , qu'ils s'y attachent de môme , et ils « cesseront de leur ôtre inférieurs ; qu'ils aient plus d'émua lation, ils les auront bientôt surpassés. » (Mémoires sur Socrate, liv. III, chap. v.) = ^ « Il y a beaucoup à gagner, « en fait de mœurs, à garder les coutumes anciennes. « Gomme les peuples corrompus font rarement de grandes « choses, qu'ils n'ont guère établi de sociétés, fondé de villes, « donné de lois , et qu'au contraire ceux qui avaient des « mœurs simples et austères , ont fait la plupart des éta- « blissements, rappeler les hommes aux maximes an- « ciennes, c'est ordinairement les ramener à la vertu. » (Montesquieu, De l'Esprit des Loix, 1\y, V, chap. vu.)

dbyGoogk

Page 1