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L'HOMME DEVANT LA CRÉATION ET SES SEMBLABLES

la terre , en se modifiant sous Tinfluence des catastrophes due à l'action des forces minérales.

Cette vie organique a commencé avecles plantes et les animaux de TOcéan. Les plantes et les animaux terrestres ont ensuite apparu; chaque espèce s'est établie en permanence dans les lieux spéciaux qui offraient les éléments nécessaires à son développement. Les animaux sociables, Tabeille par exemple , grâce à Tinstinct inséparable de leur organisme , ont réussi depuis leur apparition à perpétuer la paix intérieure dans leurs communautés, malgré les espèces ennemies qui leur disputent les moyens de subsistance. Ils gardent fidèlement, sans que l'effort apparaisse, le régime de vie qui est conforme à leur nature et aux conditions de leur existence.

L'homme constitue, dans la création du globe, une exception unique. Il est apparu le dernier, après tous les êtres doués de vie et de mouvement. Il montre de plus en plus sa supériorité, même parmi les animaux terrestres, qui l'emportent sur lui par certaines qualités et par la puissance de leur organisme physique. Il a conquis l'empire de tous les lieux qu'il lui a plu d'habiter. Il y a marqué fortement son empreinte, et il en a exclu presque tous les êtres vivants qui ne pouvaient lui être utiles. D'un autre côté, les races humaines qui se sont élevées au plus haut degré du bien-être, de la prospérité et de la

puissance , n'ont jamais réussi jusqu'à ce jour à s'y maintenir. Sur ce point, elles contrastent absolument avec tous les animaux sociables. Cependant l'instabilité de l'homme n'est pas, comme la permanence des animaux et des plantes , imposée par des lois fatales. L'histoire du passé et l'observation du présent démontrent, au contraire, qu'il pourrait offrir à tous les êtres vivants le modèle de la stabilité dans le bien-être. Il est assujetti, comme eux, aux calamités déchaînées périodiquement par les effets de l'activité minérale ; mais il l'emporte sur tous , dans la lutte pour l'existence, s'il se soumet volontairement à certaines règles , qui lui sont connues depuis l'époque de son apparition. Ces règles ne sont point incarnées dans l'homme , comme l'instinct de la conservation dans l'animal. Loin de là : elles sont en général oubliées ou enfreintes par les sociétés humaines à mesure que celles-ci grandissent en bien-être et en puissance. Toutefois la pratique de la science sociale , résumée dans ce livre, a enseigné de tout temps le moyen fort simple qui perpétue ces règles du bonheur au sein de l'humanité , ou qui les y restaure quand elles sont perdues.

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