LE TRAVAIL DU PAIN QUOTIDIEN SOUS LES TROIS AGES
triques aux arts usuels, et surtout remploi universel de la vapeur à la production des subsistances et au service des transports. Toutefois, quand on recherche la vraie cause première de ces nouveautés, quand on calcule Fimmense développement de chaleur que réclame le régime actuel du travail , on reconnaît qu'il est presque exclusivement fondé sur la consommation du combustible fourni par Texploitation des houillères. La matière et les forces caractéristiques du nouveau régime nous autorisent donc à nommer l'époque actuelle « l'âge de la houille , de la vapeur et de l'électricité j> .
Dans le langage courant, on peut encore simplifier les dénominations qui caractérisent les trois grandes époques du travail. La prépondérance de la production des herbes désigne, sans qu'il y ait à craindre aucune confusion, l'organisation primitive. Quant aux deux époques suivantes, elles sont indiquées, avec toute la clarté désirable , par la prépondérance des forces et de la matière qui n'avaient à l'époque précédente qu'un rôle relativement subordonné.
En résumé, j'adopterai cette simplification du langage quand j'aurai à faire allusion aux progrès matériels et intellectuels qui occupent une si grande place dans l'histoire de l'humanité. Pour désigner les trois époques caractéristiques , j'emploierai les termes suivants dont le sens exact
est maintenant défini : Yâge des herbes, Y âge des machines, Yâge de la houille.
Le progrès matériel et intellectuel est stérile ou dangereux,
s'il n'est pas complété par un progrès
dans la pratique de la loi morale.
L'histoire de Thumanité embrasse un champ plus vaste et constitue un enseignement plus complet que la connaissance du progrès matériel et intellectuel étudié dans ce chapitre. Les véritables historiens mettent en lumière les causes qui procurent aux sociétés le bonheur fondé sur la paix. Or, sur ce point essentiel, ils ont propagé, selon les temps et les lieux, des opinions fort différentes. Les anciens pensaient généralement que Tâge du bonheur était celui des races primitives, soumises à la tradition des ancêtres. Les contemporains inclinent, pour la plupart, à l'entrevoir dans l'avenir des peuples qui s'adonnent à la recherche de la nouveauté.
Ces deux opinions sont également réfutées par l'histoire du passé et par l'observation du présent. Les deux besoins essentiels (i, 5) sont également impérieux. Les sociétés souffrent dès qu'elles ne donnent plus à chacun d'eux les satisfactions nécessaires. Certains peuples, dont l'ascendant était jadis universellement reconnu.