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L'AGE DE LA HOUILLE ET SES QUATRE GRANDS EMPIRES

âges. Or, ces trois empires, qui s'imposent maintenant à l'opinion publique comme les modèles de la prospérité , l'emportent sur les autres nations par le succès avec lequel ils procurent à leurs populations croissantes les bienfaits de la loi morale et du pain quotidien.

L'empire chinois lui-même offre, à beaucoup d'égards, le meilleur moyen de démontrer l'importance suprême de ces deux bienfaits. En ce qui touche le passé, cette suprématie est constatée par la durée d'une prospérité et d'une autonomie qui remontent au delà de quarantedeux siècles. Au milieu de la confusion d'idées qui se propage dans le monde entier, ce peuple extraordinaire semble appelé dans l'avenir à donner des leçons non moins utiles. Il contribuera , par ses exemples, à résoudre les questions actuelles de réforme, soit qu'il adopte toutes les nouveautés qu'amène l'âge de la houille, soit qu'il repousse celles qui ébranleraient les forces morales de la nation.

Je vais justifier, par des aperçus sommaires, l'utilité de l'enseignement que peut offrir dès à présent l'étude des quatre grands empires. J'insisterai quelque peu sur les exemples fournis par la Grande-Bretagne et ses colonies. En travaillant, depuis 1855, à fonder la bibliothèque de notre école, j'ai toujours constaté que ces exemples sont le meilleur moyen de ramener

au vrai, dans mon pays et en Europe, les esprits égarés par « Terreur fondamentale j>.

La Grande-Bretagne et ses Colonies.

L'autorité paternelle était ébranlée, au début de l'ère chrétienne, chez les habitants de la Grande-Bretagne comme chez les Gaulois et la plupart des peuples chasseurs, par la prépondérance dangereuse de la jeunesse, et elle fut encore amoindrie par les mœurs urbaines des Romains. Après la retraite de ces derniers, le gouvernement des pères de famille reçut enfin des Saxons et des Angles les solides bases du testament et de la propriété foncière. La noblesse normande, au contraire, importa, pour ses propres familles , le droit d'aînesse sur le sol anglais : par cette coutume , elle diminua l'autorité des pères, puisqu'elle cessa de confier à leur sollicitude la transmission de l'héritage des ancêtres au plus digne des enfants. Toutefois, transformée par un long contact avec la race conquise, elle mit à profit, pour s'éclairer, les catastrophes qui ruinèrent les grandes familles au temps de la guerre des Deux-Roses. Elle eut le bon sens d'adopter, sous les Tudors, la

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