‹ La Constituyente et les ColoniesChapitre 39 sur 146 · Tiers état de Nantes (art. 107); — Arch. parlem., IV · texte numérisé non relu

Tiers état de Nantes (art. 107); — Arch. parlem., IV

Le commerce colonial enrichit : le commerce de l'Inde ruine. Tout monopole est condamnable : l’exclusif métropolitain est nécessaire. L’échange doit être libre : toute concurrence étrangère et coloniale doit être écartée. L'’esclavage et la traite sont des iniquités: il faut les conserver en les adoucissant. Les colonies sont mal administrées : laissons faire au roi.

Les droits de l’homme et la liberté économique sont assurément en germe dans les cahiers : mais il faudra la serre chaude de la Constituante pour les faire épanouir.

La Constituante, d'ailleurs, comme toutes les Assemblées, subira les influences du dehors. L'intérêt et la raison, la doctrine et la pratique auront en elle et près d’elle d’ardents et remuants protagonistes. Il importe de les connaître. Ce furent la Société des Amis des Noirs, la Société des Colons de l'hôtel Massiac, les députés extraordinaires du Commerce, et enfin les Jacobins.

La Société des Amis des Noirs fut fondée en 1787 par Brissot, Siéyes et Condorcet. Elle eut pour premier siège l'hôtel de Lussan, rue Croix-des- Petits-Champs!; plus tard elle s'établit 5, rue Favard, dans les bureaux du Patriote, et ce journal devint, après le 28 juillet, son organe officiel et quotidien?. Elle était dirigée par un comité régulateur, dont les premiers membres furent, avec les trois fondateurs, Mirabeau, La Fayette, le duc de La Rochefoucauld, Pétion, Clavière, Pelletier de Saint-Fargeau, Valadi, Carra, Bergasse, Gorsas, Le Page*. Bien que son règlement intérieur ne

1. Abbé Barruel, Mém. sur le Jacobinisme, 1800 (II, p. 503, SES

2. Un numéro parut le 3 mai ; mais la publication fut interdite et ne reprit que le 28 juillet.

Page 1