SCÈNE PREMIÈRE
TENANCIER, en robe de chambre, assis à son bureau, dans une bergère. Il achève d'écrire et cacheté des papier».
Allons ! me voilà encore une fois en règle; Tous les ans , à pareille époque , les folies de monsieur mon fils m'obligent à retoucher mon testament, et ce n'est pas une occupation réjouissante à mon âge. (ouvrant le tiroir de son
bureau.) SerrOUS cela, et n'y pensons plus. (Tout on rangeant des
papiers.) Quand l'heure viendra, je suis prêt, n'ayant fait de
mal à personne... (prenant dans le tiroir un paquet de lettres attachées
par un ruban noir.) A persounc ?... Pauvre femme! — Il faut pourtant me décider à brûler ces lettres; je ne veux pas qu'après moi elles tombent entre des mains indifférentes. Dernier et douloureux sacrifice que je fais à son honneur! dernière et cruelle séparation!... (n retourne
la bergère vers la cheminée, sans' se lever, dénoue le ruban, ouvre une lettre et la lit des yeux.) Chère CréatUre adorée ! (Après un
silène».) Ah ! brûIons sans lire , si je veux avoir le courage
de Oruler... (H jette la lettre au feu et la regarde se consumer.)
Voilà le commencement de ma cendre.
LUCIEN, ftrappant à la porte du fond.
Tu es enfermé ?
TENANCIER, à part.
Mon fils!... (Haut.) Un moment! (n se lève, fait sonner un timbre, rassemble précipitamment les lettres et les remet dans le tiroir qu'il ferme à clef. - A Germain qui entre.) OuvreZ la pOrte à M. Lucien,
priez-le de m' attendre , et venez m'habiller. (u sort par la
porte de gauche. Germain ouvre la porte du fond.)